Le photographe Agusti Centelles expose à Paris

Agusti Centelles (1909-1985), l’un des rares photographes à avoir saisi le déclenchement de la guerre d’Espagne de l’intérieur avec des clichés restés cachés pendant 40 ans, est redécouvert grâce à une exposition qui a démarré mardi au Jeu de Paume à Paris.
Pour la première fois sont montrées en France, jusqu’au 13 septembre, une centaine de photographies de cet ancien journaliste photographe, qui prit en juillet 1936 les premiers clichés de l’insurrection franquiste à Barcelone avant de raconter le quotidien du camp de réfugiés de Bram (sud-ouest) où il resta neuf mois.
Ses clichés, restés cachés en France pendant 40 ans, sont peu à peu redécouverts par les Espagnols eux-mêmes, notamment grâce à une grande exposition organisée il y a deux ans à Barcelone. En juillet 1936, Centelles était déjà un reporter connu qui travaillait en free-lance pour de nombreux titres. Il prend alors les premiers clichés de l’insurrection franquiste à Barcelone, montre le départ des miliciens républicains, le seul témoignage photographique d’un procès de factieux. En février 1939, Centelles lui-même engagé à gauche, «passe la frontière et abandonne sa condition de journaliste photographe», raconte le commissaire de l’exposition Manuel Cirauqui. Il reprendra son appareil, un Leica, alors qu’il est enfermé à Argeles puis à Bram. Il en sort en septembre pour travailler dans un studio photo de Carcassonne, rentre clandestinement en Espagne en 1944 puis y exerce jusqu’à sa mort une carrière discrète de photographe publicitaire et industriel. En 1976, quelque mois après la mort de Franco, il décide lui-même d’aller chercher toutes ses archives laissées chez ses anciens logeurs à Carcassonne, dans un placard.
L’exposition privilégie dans sa première partie le témoignage documentaire de l’insurrection et de la guerre, avec les barricades, les destructions causées par les bombardements ou le seul cliché en Espagne de George Orwell, l’auteur de «1984», engagé volontaire dans une brigade antifasciste. La seconde partie, complétée par des documents personnels du photographe, évoque les camps de réfugiés.
Le Jeu de Paume édite à cette occasion un petit livre qui reprend des extraits du journal et des clichés du camp de Bram. (Agusti Centelles, journal d’une guerre et d’un exil. Espagne-France 1936-1939 www.jeudepaume.org).

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