Le premier téléfilm en hassani à l’affiche

Le Sahara, espace qui fait partie de l’identité et de la mémoire collective nationale. Lieu où la nature reprend tous ses droits et où la culture trouve aussi sa voie. Ainsi c’est dans les différents paysages existant entre la région de Smara et Laâyoune , que s’est déroulé, pour la première fois, le tournage d’un long-métrage, et qui plus est considéré comme le premier film marocain en langue hassani. Cette œuvre qui s’intitule «Quatre pierres» est destinée au petit écran, notamment sur la 1ère chaîne (Al Aoula). Réalisé par Brahim Chkiri sur un scénario écrit par Boubker Oumouli, ce film raconte une aventure épique qui se déroule au sud du Maroc au 18ème siècle, les péripéties et l’histoire d’amour entre «Rrim»  incarnée par la jeune actrice Kalila Bounaâilat et «Mmaylid», joué par Abdenabi Binioui. Grâce à la sincérité et la foi incontestées de «Rrim» en l’amour et à la bénédiction du marabout «Sidi Bara» qui lui donnera quatre pierres avec chacune un pouvoir miraculeux particulier, elle fera face aux difficultés qui s’opposent à elle : despotisme de son père «Ssalk» et les mauvais coups de «Rrahl Ssiyad» le grand chasseur de la tribu qui doit du maïs à «Ssalk» et qui fait tout pour la posséder.
«Quatre pierres, qui retrace la vie dans le Sahara marocain, met en exergue la valeur historique, géographique et humaine particulière de cet espace. Ce travail est né d’un désir de nous plonger au coeur de la culture du Sahara marocain alliant tradition et recherche contemporaine. Cette initiation se veut aussi d’ouvrir un espace de création artistique et de participer à l’expression de l’identité nationale», déclare le scénariste Boubker Oumouli. Pour rester fidèle au contexte sahraoui et refléter les différents aspects de cette culture notamment à travers le dialecte hassani, il a été fait appel aux conseils du sociologue et chercheur en culture sahraouie Naâma Bah. Ce jeune homme originaire de Smara s’est occupé de l’adaptation du scénario et de l’écriture des dialogues en hassani outre le sous-tirage en arabe.
Le tournage du téléfilm qui s’est déroulé de septembre à décembre 2007 sur les terrains sableux du Sahara s’est achevé dans des conditions extrêmes. Il a nécessité quotidiennement un total en eau de 12 tonnes pour les besoins sanitaires et une tonne pour s’abreuver, destinée à une équipe composée de quelque 70 personnes. Cette dernière est constituée à près de 90% d’habitant de la région.
Étudiants, techniciens ou autres ont été d’une précieuse aide tout au long des différentes étapes du tournage notamment pour le transport et la logistique ou la figuration. En plus du message qui confirme la diversité culturelle du Maroc, ce film est pour Abdalah Dari, le directeur de «Faouzi Vision», la société qui a produit «Quatre pierres», une vraie aventure et surtout une expérience nouvelle dans le champs audiovisuel marocain. «À travers ce film, nous avons voulu exploiter les décors naturels que nous avions déjà explorés avec la série documentaire «Amouddou» qui est est à son 73ème épisode sur «Al Aoula», précise M.Dari. Et d’ajouter  «Par ailleurs, lors du tournage de ce film, nous avons dû nous adapter au milieu rude qu’est le désert et éviter toutes sortes de danger comme par exemple, les terrains minés ou les serpents camouflés et difficilement  visibles à l’œil. Cela prouve qu’on peut faire des films dans les conditions les plus difficiles». A noter qu’il est possible de voir des extraits du film «Quatre pierres» sur le site (www.c-brothers.be).
        

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