Le principe et la bonne règle

ALM : Quelle appréciation faites-vous du recours du ministère de l’intérieur à des agences de communication pour l’information des électeurs ?
Chakir Fassi Fihri : C’est une excellente chose pour le ministère de l’intérieur et pour le pays. Le fait que le ministère de l’intérieur, et à sa tête Si Driss Jettou que nous pouvons tous saluer pour cette excellente initiative, se frotte aux professionnels de la communication est un gage d’ouverture et de professionnalisation de la communication institutionnelle de ce ministère. Ce précédent peut être le prélude de l’ouverture de ce département pour un travail en profondeur sur des axes précis concernant son image, ses services, ses activités ou ses structures décentralisées. Pour notre pays, cette affaire est une bonne nouvelle car désormais on s’adressera aux citoyens par des techniques de communication qui ne sont pas au rabais et qui créeront obligatoirement une nouvelle perception de la vie politique en faveur de ce Maroc nouveau pour lequel nous oeuvrons tous.
Pensez-vous que pour la mise en oeuvre de cette campagne de communication le ministère de l’intérieur a choisi la bonne méthodologie ?
Le ministère de l’intérieur débute dans ce domaine. On comprend le fait qu’il puisse faire des omissions. Notre métier a des règles que le ministère de l’intérieur ne peut ignorer. Sur le plan de la méthodologie choisie ce qui est navrant c’est que la règle de base de la compétition ouverte entre les agences n’ait pas été respectée. La consultation s’est réduite à 3 ou 4 agences sans que des agences majeures, nationales et leaders sur le marché n’aient été approchées. Une affaire de cette nature aurait du être traitée d’un manière plus ouverte. Cela malheureusement n’a pas été le cas.
Qu’est ce qui vous choque le plus c’est que Saga n’ait pas été consulté ou que d’autres confrères aient gagné le budget?
Mes confrères ne sont pas en question. Ils méritent nos félicitations en tant que professionnels et de l’encouragement car ils seront à la hauteur, au nom de toute la profession, pour enraciner dans ce domaine précis l’idée d’une communication de qualité. Non, ce dont il s’agit c’est que l’on ne peut pas sur une campagne d’intérêt national de cette dimension consulter des agences et pas d’autres. Par exigence citoyenne et pour la valeur même des idées développées par cette campagne, on ne peut pas exclure des agences comme Saga communication ou d’autres qui ont des références sérieuses et indiscutables dans ce domaine. C’est une question d’exemplarité.
Votre colère s’explique donc par des questions de principe ?
Quand il s’agit de notre pays, de notre patrie, il ne s’agit pas de parts de marché. Nous avons toujours, pour notre part, assumé nos responsabilités et nous avons fait, souvent dans la discrétion, plus d’une dizaine de campagnes sociales, humanitaires ou institutionnelles. Sur ce point, nous assumons nos engagements et nous contribuons à la marche de notre pays. Mais ce qui est navrant c’est que l’on ne nous ait pas consulté comme le veut la déontologie de notre métier. Sur une campagne nationale de cette envergure, nous ne demandons pas des privilèges.
Nous réclamons tout simplement le droit à être normalement consultés compte tenu de notre poids dans le secteur de la publicité pour que le ministère de l’intérieur puisse avoir les meilleures créations possibles, les meilleurs conseils et finalement la meilleure offre globale.

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