Le printemps poétique de Khaïr-Eddine

Il y aura deux moments forts lors de cette manifestation : la lecture des poèmes de Khaïr-Eddine par Salima Ben Moumen et celle du journal intime de l’écrivain par le dramaturge algérien Mohamed Kacimi. Salima Ben Moumen va faire un choix de textes à partir des recueils qui ont établi la réputation de Mohamed Khaïr-Eddine comme poète. Il s’agit de «Résurrection des fleurs sauvages», «Ce Maroc» et «Mémorial».
Salima Ben Moumen qui découvre la littérature de ce grand écrivain nous a dit qu’elle va « créer une petite ambiance». Elle est en effet rompue aux lectures de textes littéraires, et cela fait bien longtemps qu’on ne l’a pas vue sur scène pour ne pas se féliciter de son retour. Tout le monde se souvient du rôle joué par Salima Ben Moumen dans «Femmes et femmes», le film de Saâd Chraïbi. Le personnage de Keltoum avait acquis dans ce film une densité rare par la seule grâce du jeu d’une actrice.
Tout le monde s’était accordé pour parler d’une révélation dans le cinéma marocain. Ce rôle a valu plusieurs prix à l’intéressée dont celui de la meilleure actrice aux Journées cinématographiques de Carthage (2000). Et puis, Salima Ben Moumen a pratiquement disparu ! L’autre grand moment de cette manifestation tient autant à la qualité de l’interprète qu’à la teneur du texte. L’Algérien Mohamed Kacimi, auteur d’un livre bouleversant «La confession d’Abraham», va lire, en compagnie du poète français Jean-Yves Pick, des passages de «On ne met pas en cage un oiseau pareil». Khaïr-Eddine a écrit ce journal alors qu’il savait que sa mort était imminente. La maladie, la souffrance et le sentiment de la mort ont rendu urgente la formulation d’un point de vue définitif sur certains sujets.
Khaïr-Eddine brise de surcroît, dans ce journal, les frontières entre l’écrit et le vécu, ou essaie plutôt de transformer le second en s’instruisant du premier. Ce qui en dit long sur l’empire de la littérature dans sa vie.
L’écriture de «On ne met pas en cage un oiseau pareil» rompt avec les livres précédents de l’écrivain. Simple, fluide, sans révolution formelle, elle est particulièrement adaptée à une lecture sur scène. Qu’un dramaturge de la qualité de l’Algérien Mohamed Kacimi ait accepté de lire des passages de ce livre, cela en dit long sur le crédit qu’il accorde à l’écrivain marocain. On se réjouira lors de cette manifestation, organisée par l’institut français de Fès-Meknès, autant de sa présence que de celle à laquelle il prête sa voix.

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