Le prix qui l’a fait renaître à l’écriture

Jamal El Mossaoui est né le 28 septembre 1970 à El Houceïma. Il est issu d’une famille qui n’est pas sensible aux choses de l’art, précise-t-il. Sa vie s’est passée sans remous dans sa ville natale jusqu’à ce qu’il déménage à Tétouan en 1986. « Je me suis senti immédiatement gagné par un vent de liberté dans cette ville ». Et la poésie ? Jamal El Mossaoui dit y être entré par le truchement du jeu.
« Est-ce qu’il est possible d’écrire des poèmes ? Telle est la question à laquelle, en compagnie d’un groupe d’amis, j’ai essayé de répondre », se souvient Jamal El Mossaoui. Il a ainsi commencé à écrire des poèmes et à en faire la lecture à ses amis. El Mossaoui a été piqué par le démon de la poésie, et il n’a plus arrêté d’écrire. Ses premiers poèmes se ressentent de l’influence de Al Moutanabi, Mahmoud Derwich, Nizar Kebbani, Mohammed Bennis, Ahmed Al Majati et Abdelkrim Tabbal. Ces poètes dont il se réclame l’ont porté vers une plus grande exigence de l’écriture et une idée de la poésie qui engage son auteur.
« La poésie n’est pas un supplément au quotidien. Elle touche le nerf du monde moderne » dit-il. Le jeune poète a commencé à publier ses premiers poèmes dans des journaux en arabe : «Al Mitaq Al watani», «Al Alam» et «Al Ittihad Al Ichtiraqui». Il les a également fait paraître dans plusieurs revues arabes à l’étranger.
Octobre 2001 est une grande date pour le jeune poète : son premier recueil voit enfin le jour. Il faut s’imaginer ce que représente un premier livre pour un passionné de littérature. Son auteur est sûr d’enrichir l’édifice des lettres par sa pierre. L’écrivain français Raymond Roussel pensait par exemple que le monde ne serait plus le même après la parution de son premier roman. Il s’est promené dans la rue et s’est étonné de voir que rien n’avait changé : les gens vaquaient à leurs affaires comme d’habitude. L’indifférence du monde à son livre l’a jeté dans un état de déprime profond.
Jamal El Mossaoui ne s’attendait pas à changer le monde par son livre, mais il pensait que certaines personnes allaient réagir à ses poésies. Rien ! Aucun écho ! Indifférence totale ! «J’ai plongé dans le désespoir. Je n’arrivais plus à écrire». «À quoi bon écrire si l’on est même pas sûr d’avoir trois lecteurs avec qui l’on se comprend à demi-mot et même qu’entre nous il est nombre de choses qui vont sans dire ? » s’interroge l’intéressé. «Le prix du premier recueil m’a fait renaître à l’écriture » ajoute-t-il. Au demeurant, la poésie de El Mossaoui se caractérise par une langue pure, sans fioriture. Il existe aussi un souci de concision dans ses poèmes et un respect de la métrique classique arabe. L’intéressé s’est essayé à la poésie en prose, mais c’est dans le vers qu’il réussit à exprimer les choses qui lui tiennent à coeur.
La soirée de la remise du prix du premier recueil de poésie a vu la participation d’autres poètes. Idriss El Meliani dont la poésie sous forme de récit réserve une belle part à l’humour. Était là également Mohammed Boujbiri dont les images ont fait voyager les auditeurs.
Tout comme Mehdi El Ouadriri dont le jazal est rempli de bon sens populaire. Et Jalal El Hakmaoui dont la modernité a été une révélation pour tous ceux qui ne le connaissaient pas. Tous ces poètes ont chaleureusement félicité Jamal El Mossaoui pour son prix. Ils lui ont aussi fait part de leur admiration pour la pureté de ses vers. Le prix du premier recueil de poésie sera institutionnalisé. Vivement le prochain 21 mars pour voir un autre jeune poète primé.

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