Le public des Instituts Français

Il faut bien le reconnaître. Les Instituts français occupent une place importante dans la vie culturelle de notre pays. Ils l’occupent très inégalement, mais certains présentent toutes les semaines une programmation de qualité à leur public. Parce qu’il y a bien un public des IF, un public de fidèles et que l’on revoit toujours. Ce public restreint est largement constitué de Français vivant au Maroc et de Marocains sensibles à la culture française.
Ce public est hélas toujours le même. La question est donc d’élargir ce public, de réussir à dépoussiérer l’étiquette qui porte un préjudice réel aux programmes des IF, à savoir que ce sont uniquement des espaces de diffusion de la culture française.
L’évolution actuelle des IF en maisons de la coopération pourrait bien élargir les publics de ces établissements. On remarque d’ailleurs parfois cela à l’Institut français de Casablanca. La première de « Quatre heures à Chatila », une pièce mise en scène par Abdelouahd Ouzri et interprétée par Touria Jabrane a entraîné un très large public. Le tout est de savoir fidéliser ces visiteurs non pas en répondant à leurs attentes, mais en les intéressant à des spectacles qui prennent en considération leurs goûts. Jean-Christophe Deberre estime que la question des publics n’est pas propre à la coopération. « Tous les directeurs de scènes nationales en France sont confrontés à ce dilemme : doit-on donner au public ce qu’il attend, c’est-à-dire ce qu’il connaît déjà, ou n’y a-t-il pas une espèce de responsabilité qui consiste à proposer des choses nouvelles que le public n’attend pas forcément ? » Il faut donc réussir à trouver un équilibre entre les attentes du public et perspectives nouvelles qu’on lui fait découvrir.
Des modes d’expression comme la danse contemporaine et la photographie sont encore très mal représentés au Maroc. Le public ne les réclame pas, mais il suffit peut-être d’oeuvrer dans le sens de la qualité pour les installer parmi les faits esthétiques qu’il goûte. C’est avec un travail laborieux et résolument tourné vers la qualité que l’on construit le public d’un établissement culturel.

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