Le retour du fils prodigue

Le retour du fils prodigue

C’est officiel. Ali Bouzerda a été nommé à la tête de la nouvelle direction de l’Information à la Télévision marocaine. Une petite cérémonie a été organisée lundi à Rabat à l’occasion de la passation de pouvoirs entre Bouzerda et son prédécesseur, Mohamed El Mouedden, qui était, lui, à la tête d’une division. Ali doit mettre sur pied cette direction pour accompagner la rénovation du statut de la RTM prévue dans le cadre d’une réforme du secteur audio-visuel au Maroc. Juste retour des choses pour ce natif de Sidi Bennour, qui n’est pas un illustre inconnu pour le personnel de la vieille dame de la rue El Brihi, au sein de laquelle il a passé une dizaine d’années en tant que chef d’édition. C’est dire s’il connaît bien la boîte, ses potentialités, mais aussi ses besoins et ses travers.
La nomination d’Ali Bouzerda, qui a été saluée par ses confrères, intervient alors que le Maroc, qui s’est doté d’un Conseil supérieur de l’audiovisuel, s’apprête à ouvrir le secteur à la concurrence. Une bataille qui s’annonce rude tant les téléspectateurs marocains ont recours aux chaînes satellitaires, notamment arabes, pour s’informer. Diplômé de l’Institut de journalisme de Rabat, ancien chef de bureau d’Abou Dhabi TV au Maroc et collaborateur de plusieurs organes de presse internationaux, dont l’agence Reuters, Ali Bouzerda, 48 ans, est connu pour sa bonne humeur et sa joie de vivre. Mais aussi –et surtout – pour sa rigueur et son professionnalisme. Ainsi quand il déclare lundi, qu’il n’entend ménager aucun effort «pour relever le défi de la compétitivité» de la chaîne publique qui devrait passer prochainement au statut de société anonyme, on est prié de le croire sur parole. Un statut qui devrait permettre à la TVM de bénéficier d’une meilleure autonomie financière en prenant le contrôle des recettes publicitaires. Mais revenons au jeune Doukkali –fier de ses origines amazighes – qui a quitté Sidi Bennour à 17 ans, après avoir décroché son baccalauréat, pour s’établir à Rabat où il s’inscrit en sciences économiques.
Il laissera tomber ces études deux ans plus tard, pour aller sur les bancs de l’Institut de journalisme. Peu de temps après son cursus, le jeune globe-trotter intègrera, en 1980, la RTM, qu’il quittera en 1989, après avoir acquis une expérience non négligeable. Et c’est le début de la grande histoire avec Reuters. Grand reporter et correspondant itinérant en Afrique du Nord basé à Rabat, il effectuera de nombreux stages de formation, notamment à Nicosie, au Caire, à Londres et à Paris. Il aura à cet égard l’opportunité d’être encadré, à ses débuts, par Stephen Hughes, le vieux journaliste anglais résidant au Royaume depuis 1952, et dont Ali a présenté le livre «Le Maroc de Hassan II» le week-end dernier à Erfoud. Pour l’heure, il aura, dans le cadre de la tâche qui est la sienne, à chapeauter la nouvelle direction de l’Information. Ce qui revient, en d’autres termes, à coiffer les éditions en arabe, en français, en espagnol, tamazight, tachelhit et tarifit de la TVM réalisées quotidiennement par 160 personnes, dont 70 journalistes. De quoi en perdre son… latin.

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