«Le rôle d’Omar Ibn Abdelaziz m’a changé et libéré»

«Le rôle d’Omar Ibn Abdelaziz m’a changé et libéré»


ALM :Quel a été le moment le plus fort de ce Festival ?
Nour Cherif : Le plus fort de tous les moments de cette édition a été l’hommage qui a été rendu à l’Egypte. Il s’agit, et de loin, de la meilleure consécration qui ait été donnée au cinéma égyptien.
Au passage, je dirais que je noue une amitié particulière avec un certain nombre d’artistes marocains. Et qui de plus est, la ville de Marrakech m’enchante beaucoup. J’aime énormément cette ville.

Votre carrière cinématographique a fait de vous un titan du septième art arabe. Vous êtes donc parfaitement bien placé pour émettre un avis sur le cinéma arabe.
Il faut savoir une chose. Le cinéma restera toujours dépendant de la valeur du réalisateur. Il ne s’agit pas seulement de donner naissance à une œuvre quelle qu’elle soit. La condition première est qu’un réalisateur se doit d’avoir une vision particulière et profonde des réalités de la vie. Hélas, aujourd’hui le cinéma est devenu, par excellence, un produit commercial, qui ne transcrit pas les vraies réalités des choses.

Nous remarquons aussi une multiplication d’œuvres cinématographiques découlant de financements étrangers. Qu’en pensez-vous ?
Le problème avec ces œuvres, c’est qu’elles sont faites de telle sorte à ne reprendre que des interprétations folkloriques du quotidien du monde arabe. L’idée que les Occidentaux ont de nous, et qui se base sur une civilisation qui vit encore dans le passé, avec tous ses condiments, est celle qu’ils veulent transmettre quand ils réalisent ces œuvres.
Or, il faut en être conscients. Les populations arabes ne sont, depuis longtemps, plus que chameaux désert et tentes et justement il s’agit de prouver que cet avis primitif est une pure erreur.

Quelle opinion avez-vous pu vous faire sur le cinéma marocain ?
J’ai été vraiment ravi des œuvres marocaines. Il est sûr que le Maroc est en train de réaliser de grandes avancées en la matière et j’espère qu’il maintiendra ce rythme si ce n’est pour le renforcer encore et encore.
J’ai pu constater sur la presse marocaine que le Maroc a produit 30 films cette année, ce qui me pousse à faire le rapprochement avec le total des productions en Egypte. En effet, le cinéma égyptien en produit également une trentaine.
A souligner qu’auparavant, l’Egypte en produisait beaucoup plus, mais depuis quelques années, la cadence s’est amoindrie pour se fixer à une trentaine par an.

Serait-il envisageable, à votre avis, de voir des œuvres cinématographiques réalisées dans le cadre d’un partenariat maroco-égyptien ?
Je dois dire que je garde un avis très réservé sur cette question de partenariat.  Néanmoins, un projet de cette sorte est dans le pipe depuis assez longtemps.
D’ailleurs, j’ai contacté Taieb Seddiki à ce sujet. Il se trouve qu’il n’a pas encore entamé la rédaction du scénario.

Pensez-vous que les temps sont propices  pour le secteur cinématographique des deux pays?
Je dirais que c’est le moment idéal pour que nos deux pays unissent leurs efforts. Nous devons être sûrs qu’un jour arrivera où les pays arabes auront développé leurs secteurs cinématographiques au point de ne plus avoir à importer des œuvres étrangères, même arabes.
Ils seront donc dans une situation d’autosuffisance absolue.  C’est pourquoi je parle d’unisson de telle sorte à ce qu’un esprit d’échange demeure entre les pays arabes et ainsi les œuvres auront une plus forte diffusion.
Devant la multitude de tous les types de rôles que vous avez joués jusqu’à présent, quel est celui qui vous a le plus marqué?
Sans conteste, je vous dirais qu’il s’agit du rôle d’Omar Ibn Abdelaziz. C’est un rôle qui m’a changé et m’a libéré d’un certain nombre de défauts. Il m’a appris la patience et la sérénité.

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