Le scandale des écoutes fait entrevoir un avenir sans presse pour News Corp

Le scandale des écoutes qui secoue actuellement la branche britannique du groupe de médias News Corp conduit déjà certains analystes et experts à prédire un avenir sans presse écrite pour l’empire bâti par Rupert Murdoch, au moins en Grande-Bretagne. Quelques heures après que News Corp eut officiellement renoncé à acheter la totalité du bouquet satellitaire BSkyB, à la suite du retentissant scandale des écoutes téléphoniques dont s’est rendu coupable l’un de ses titres-phares au Royaume Uni, Michael Nathanson, analyste chez Nomura, espérait une réorientation stratégique. «Peut-être que ce revers forcera News Corp. A remettre en question le fait de posséder des journaux britanniques. Nous espérons qu’il s’agit d’un tournant dans la stratégie et la distribution d’actifs du groupe, car pour conserver des journaux, des actifs largement dénués d’importance, il a dû abandonner un actif stratégiquement important», écrivait-il dans une note. Les investisseurs voyaient en effet d’un bon œil la prise de contrôle totale par News Corp de BSyB: «Cela aurait été une solide source de revenus récurrents et de flux de trésorerie», notait Hale Holden, analyste à Barclays Capital. Le fait que cette acquisition prometteuse ait dû être annulée en raison du coup porté à la réputation du groupe par la branche presse écrite du groupe mène donc aux Etats-Unis à des spéculations sur un possible sacrifice de cette activité. Le Wall Street Journal affirmait, mercredi dernier, que le groupe s’était déjà mis en quête d’acquéreur pour ses quatre journaux britanniques, pour l’instant sans succès.  Les journaux représentent une part modeste des bénéfices du groupe: 530 millions de dollars de bénéfice d’exploitation durant l’exercice 2010, pour un bénéfice d’exploitation global de 3,96 milliards de dollars. La presse britannique pourrait représenter environ le quart de l’activité presse totale, selon un analyste. «Au pire, l’activité divertissements est bien plus importante pour le groupe. Même si les activités d’information au Royaume-Uni ont mis un coup au groupe, cela n’a pas vraiment d’impact sur la façon dont (le divertissement) est géré ni sa rentabilité», soulignait Michael Corty, un analyste de Morningstar interrogé  par l’AFP.

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