Le soutien à l’édition, une nécessité

Le décret d’application n°2.00.353 du 1er novembre 2000 a entériné le soutien à l’édition dont la première application remonte à 1999. Les premières aides à l’édition ont été attribuées en 1999. Elles ont concerné une trentaine d’ouvrages, selon un grand éditeur établi à Casablanca. Le nombre des bénéficiaires de ce soutien a augmenté en l’an 2000, puisque (toujours selon l’éditeur de Casablanca) c’est une quarantaine d’ouvrages qui ont été récompensés. Le Ministère de la Culture et de la Communication vient d’annoncer à l’attention des candidats au soutien à l’édition, que le dernier délai pour le dépôt des candidatures a été fixé au 15 février. On peut penser en raison du nombre croissant de candidats retenus les années précédentes que l’aide versée à l’édition augmentera cette année encore. Les actions de fonds de ce type méritent notre attention. Le livre tel qu’il est présenté à la devanture d’une librairie n’est que la face enrubannée d’un travail de longue haleine. En fait, il obéit aux mêmes exigences que n’importe quel produit industriel. L’industrie du livre est une réalité. C’est une industrie qui coûte de plus en plus cher. Le coût de la fabrication d’un livre se lit sur le dos de sa couverture. Il est brûlant. Il peut devenir carrément dissuasif. Un livre qui ne se vend pas porte préjudice aux auteurs de livres. Ces derniers peinent à trouver un éditeur, parce qu’il est lui-même ligoté par l’obligation du retour de son investissement. C’est pour cela que les subventions de l’Etat visant à soutenir l’édition sont doublement salutaires. D’une part, parce qu’elles dopent l’industrie du livre, et d’autre part parce qu’elles contribuent à la baisse du prix de vente. La somme versée par la Commission nommée par le ministère de la Culture et de la Communication correspond à 50 % du prix de l’imprimerie. Les auteurs aspirant à cette aide doivent porter la nationalité marocaine. À peu près 80 % des livres subventionnés sont écrits en arabe. Il ne faudrait pas y voir une discrimination par rapport aux livres en français qui peuvent bénéficier d’autres financements. Le ministère précise à cet égard que les candidats ayant déjà obtenu une aide à l’édition ne peuvent prétendre à une subvention de l’Etat. En fait, c’est une bonne chose, car cela favorise les livres en langue arabe qui ne profitent pas de l’aide du service de coopération de l’Ambassade de France. Un seul bémol à l’action de cette commission : certains éditeurs estiment qu’elle doit être allégée. Les formalités administratives sont lourdes, et le temps mis entre le dépôt des dossiers et leur traitement s’étend sur plusieurs mois. Le ministère de la Culture de la Communication est à créditer de bonnes intentions. Le soutien financier qu’il apporte aux maisons d’édition est louable. Les actions de ce genre sont peu connues du grand public. Mais si cette commission pouvait contribuer à la baisse du prix du livre, elle augmenterait aussi bien le nombre de publications que de lecteurs. Un livre à 60 ou 65 DH fait rêver plus d’un lecteur.

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