Le stress, ce mal du siècle

Le stress, ce mal du siècle

Boule au ventre, anxiété, difficulté de concentration, insomnie et manque d’appétit, ces sensations gênantes gâchent le quotidien d’un bon nombre de personnes. Il s’agit d’un trouble psychosocial qui pourchasse tout un chacun. Le stress ! Un sujet qui immerge depuis plusieurs années.  Les facteurs créateurs de ce malaise sont multiples : problèmes conjugaux, travail, embouteillage, examens… Des situations anxiogènes qui peuvent provoquer chez l’individu une irritation et le conduire à se replier sur lui-même. Avant tout, comment peut-on le définir ? Selon le psychiatre Omar Battas : «le stress ne se décrit plus comme réaction de l’organisme mais en tant qu’ensemble de situations qui constituent une transaction entre l’individu et l’agent stressant». Cliniquement, le corps procède à la sécrétion de substances et d’hormones qui génèrent une tachycardie (accélération du rythme cardiaque), une hyper ventilation et une vasoconstriction artérielle. Le stress est fort présent dans le monde du travail. Il est considéré parmi les principales sources des maladies professionnelles. Les charges des tâches et le devoir de performance sont les principales causes qu’ils l’introduisent. «Nous travaillons sous pression, nous devons toujours être enthousiastes. Ainsi la souffrance s’intériorise et nous commençons à sombrer dans le stress et consommer les antidepresseurs», affirme Nabil, cadre bancaire. Ce trentenaire relate les chroniques amères d’une grande partie de confrères qui inventent des performances supplémentaires pour éviter le harcèlement moral de leurs employeurs. Les commerciaux parmi eux haïssent la notion de «l’objectif» qui doit être atteint en dépit de toutes circonstances. «Notre boîte, à l’instar des grandes entreprises, procède à l’évaluation des employés par classement. Une formule angoissante qui fait créer une tension entre collègue et qui répercute des méfaits sur notre santé», déclare Salma, commerciale. Les sinistrés du travail se plaignent continuellement des cumuls des tâches, l’individualisation des évaluations et du «managériat» rigide. «Nos entreprises doivent faire un diagnostic des risques psychosociaux sur les employés. Une obligation face à laquelle elles ne peuvent se soustraire sinon le résultat sera catastrophique», ajoute Nabil. Si certains se lamentent sur leurs situations, d’autres y sont formatés. C’est le cas de Mourad, jeune manager: « Suite à l’échec d’un projet sur lequel j’ai travaillé énormément, mon corps s’est effondré. Je me suis retrouvé directement aux urgences». Son corps a dit stop, mais Mourad a tiré profit de sa chute. «Après mon hospitalisation, je me suis permis un mois et demi de convalescence afin de remettre de l’ordre dans ma vie. Je me suis vite rattrapé, maintenant les choses vont plus au moins bien», ajoute-t-il. Le stress peut conduire à une motivation complémentaire. «S’il est vécu comme un défi à relever, il peut devenir un puissant stimulant», souligne le professeur Battas. L’exploitation positive du stress aide les personnes à mieux se concentrer et à être plus réactives. Pour Mourad, il l’a poussé à concevoir une nouvelle stratégie de travail. «D’après mon expérience avec le stress, j’ai tenu à créer une atmosphère agréable dans mon lieu de travail. Ma relation avec mes employés est une relation d’amitié. Nous travaillons dans un open-space en toute convivialité et entente. Tous ces facteurs ont eu un résultat positif sur notre rendement», annonce-t-il. Le stress peut-il conduire à l’extrême ? Malheureusement la réponse est affirmative. «L’acceptation du stress est relative à la perception que chaque individu peut faire de sa situation. Il peut être à l’origine d’une grave pathologie aussi bien sur le plan physique que psychique», note le psychiatre.  Face à une situation stressante, le corps tire la sonnette d’alarme. Le stress peut engendrer d’importants déstabilisants organiques qui peuvent même créer des hémorragies. Si l’individu ne manifeste pas une grande capacité d’adaptation face à une situation irritante, l’état du stress peut atteindre une phase importante. Arrivant à ce stade, il peut se manifester par des troubles de sommeil, une anxiété et un épuisement permanent voire à un état dépressif avancé. Le stress n’épargne personne, les jeunes, notamment des étudiants, y sont exposés surtout durant la période pré-examen.  Face à cette situation alarmante, il faut penser à des solutions pour surmonter le malaise. Pour mieux vaincre son irritation, les études scientifiques ont recommandé à l’unanimité un régime alimentaire sain. Au lieu de foncer directement sur son assiette, habitude adoptée par 60% des « stressés », il faut prendre tout son temps pour déguster des repas équilibrés riches en vitamine B, glucide et magnésium. Les légumes verts et oléagineux (amande, noix de cajou et noisettes) doivent être fréquemment au menu. Cependant, les boissons excitantes et alcoolisées sont à éviter. Il est nécessaire de s’offrir de bonnes heures de sommeil et de belles matinées de sport. Des stratégies anti-stress doivent être prises en compte par l’individu. Cultiver une ambiance familiale et sociale plaisante doit être dans vos habitudes. Au travail, ayez l’audace de déléguer les charges et de partager vos problèmes professionnels avec vos collègues. N’oubliez pas de vous dorloter, en prenant une petite pause de temps à autre pour pratiquer vos loisirs et échanger des moments agréables avec vos amis. Ces gestes pratiqués au quotidien vous aideront à dire halte au stress et à rompre avec cet engrenage qui vous emporte.

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