Les bouquinistes s’insurgent contre le changement des manuels scolaires

Les bouquinistes s’insurgent contre le changement des manuels scolaires

Ils ont adressé une lettre ouverte au chef de gouvernement

«La rentrée scolaire est la seule occasion annuelle qui nous permet de réaliser un peu de gain. Nous ne sommes pas contre le renouvellement des manuels mais nous demandons d’être informés et avertis de n’importe quel changement pour ne pas dégager plus de pertes».

L’Association des bouquinistes au Maroc hausse le ton face au renouvellement des manuels français et de l’éducation islamique. «Nous n’avions aucune idée concernant le changement de ces manuels. A la veille de la rentrée scolaire nous avons été surpris par ce changement instauré par le ministère de l’éducation nationale. Ce renouvellement nous a généré beaucoup de pertes. Nous avons jeté une centaine d’ouvrages», a indiqué à ce sujet Youssef Boura, président de l’Association des bouquinistes au Maroc. Et d’ajouter que «plusieurs bouquinistes ont fermé leurs portes en raison de leur situation financière».

Face à ces conditions, l’Association a adressé récemment une lettre ouverte à Saad Eddine El Othmani, chef de gouvernement, pour demander un dialogue avec les personnes concernées. «La rentrée scolaire est la seule occasion annuelle qui nous permet de réaliser un peu de gain. Nous ne sommes pas contre le renouvellement des manuels mais nous demandons d’être informés et avertis de n’importe quel changement pour ne pas dégager plus de pertes», dit-il. Et de poursuivre : «La profession des bouquinistes n’est pas réglementée. La situation actuelle du bouquiniste en découle directement. Comme tous les métiers de l’édition, nous luttons pour survivre.

Nous travaillons la plupart du temps dans des conditions pénibles. Depuis des années, on tire la sonnette d’alarme pour que cette profession ne disparaisse pas». Outre cette situation, l’Association appelle au paiement des subventions accordées par le ministère de la culture. «Nous n’avons encore reçu aucune subvention depuis l’arrivée du nouveau ministre. Le Salon du livre d’occasion approche à grands pas et nous n’avons aucune visibilité». Il faut noter que l’Association organise chaque année son salon à Casablanca auquel les bouquinistes exposent les manuels scolaires, les ouvrages culturels, en différentes langues (arabe, amazigh, français, espagnol, anglais et allemand.

«La prochaine édition réunira l’ensemble des Bouquinistes du Maroc. Nous envisageons de construire un village du livre où seront rassemblés tous les bouquinistes de la cité. Ils y seront installés dans un cadre sain et organisé selon des normes convenables, au lieu de l’état actuel où certains bouquinistes exercent toujours dans des baraques au milieu des marchés aux puces», aspire-t-il.

 

 

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