Les caricaturistes indiscrets face au président Sarkozy

Les caricaturistes indiscrets face au président Sarkozy

«Carla et Carlito ou la vie de château» (12Bis-Fayard): deux ans après le succès de «La face karchée de Sarkozy», vendue à 200.000 exemplaires, le trio Cohen-Malka-Riss reprend du service avec cette nouvelle BD sur le couple présidentiel et les 18 premiers mois de présidence Sarkozy. Une BD, mais surtout une enquête fouillée du journaliste Philippe Cohen, verrouillée par Richard Malka, scénariste et avocat spécialiste des affaires de presse. Riss, le dessinateur, croque Sarkozy dans une grande baignoire à robinets dorés, comme Al Pacino dans «Scarface», et Carla Bruni en diva de l’Elysée, draguant la presse de gauche. Avec dans la tête des auteurs, la ligne jaune à ne pas franchir. «C’est un exercice un peu schizophrénique, un exercice de censure de moi-même, explique Richard Malka. L’avocat n’est jamais très loin quand le scénariste écrit. Philippe Cohen me remet des infos que je ne traite pas forcément, parce que je considère que l’on est au delà des limites de la vie privée». Le travail de l’avocat-scénariste consiste à trouver les bonnes formulations. «C’est mon boulot. J’utilise naturellement les moins attaquables. ça rend à mon avis la BD très difficile à poursuivre», s’amuse-t-il. Vendredi, la Cour d’appel doit rendre sa décision dans l’affaire de la poupée vaudoue à l’effigie du chef de l’Etat, accompagnée d’un «manuel» et commercialisée par la société Tear Prod. Le 29 octobre, le tribunal de grande instance de Paris a en effet autorisé sa commercialisation, considérant qu’un tel gadget «s’inscrit dans les limites autorisées de la liberté d’expression et du droit à l’humour». Contrairement à l’éditeur de la poupée, les caricaturistes et dessinateurs de presse ne se sont pas à ce jour attiré les foudres judiciaires du chef de l’Etat. «La jurisprudence a évolué, aujourd’hui les tribunaux sont très protecteurs en matière de droit à l’humour», souligne Richard Malka. Nicolas Sarkozy inspire les caricaturistes et la période des fêtes s’annonce riche en recueils de dessins sur le chef de l’Etat. «Droit à l’humour» encore avec «Le cahier de jeux de Nicolas et Carla» qui parait aux éditions Pascal Petiot. 50 pages pour repérer «les ex de Carla» ou situer les dérapages verbaux du président. «Les moments de franche rigolade ne courent pas les rues, surtout ces derniers temps, “crise” oblige. Alors pourquoi ne pas s’amuser un peu avec les péripéties de Nicolas et Carla ? Ils ont l’air de beaucoup s’amuser dans leur vie, notre président et sa femme», écrit Pascal Petiot. Avocat de «Charlie Hebdo» en mars 2007 lors du procès des caricatures de Mahomet, Richard Malka a reçu à l’époque un courrier de Nicolas Sarkozy dans lequel celui qui était alors le candidat UMP à la présidentielle affirmait préférer «l’excès de caricature à l’absence de caricature». «Celui-là, confie l’avocat, je le garde précieusement».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *