Les concours d’architecture en question

Les concours d’architecture au Maroc obéissent à des circuits opaques. Dans le monde entier, la fondation de constructions de qualité est intimement liée à des projets publics. Une commission étudie les dossiers des architectes et confie aux plus innovants, les mieux en harmonie avec l’environnement, les plus structurants aussi, la réalisation de l’édifice.
Tout est clair dans cette commission, y compris la composition de ses membres. Or, s’interroge l’architecte Selma Zerhouni dans l’édito de la revue «Architecture du Maroc», «malgré les nombreux concours lancés par les pouvoirs publics, la morosité des architectes persiste, pire la contestation monte et un syndicat se constitue. Pourquoi?» Elle énumère dans ce sens la série de projets en cours : la bibliothèque nationale, le musée royal du patrimoine et des civilisations, les sièges administratifs (ANHI, CMR), les Ministères (celui des Finances notamment), l’aménagement des rives Bou Regrag… Elle déplore les lenteurs administratives qui paralysent l’aboutissement de ces projets d’envergure. Certains sont même réfléchis d’une façon quelque peu bizarre. Dans un intéressant article, l’architecte-scénographe Philippe Délis, s’interroge avec raison sur le fait de «penser» un musée indépendamment de ses collections.
Un bâtiment de cette nature se conçoit boiteux sans les pièces qui sont appelées à y loger. C’est de ces pièces qu’il tire son identité et son caractère. On imagine mal l’architecte Frank Gehry penser le Guggenheim de Bilbao comme un bâtiment néo-romain ! Le lecteur pourra également se faire une idée sur la maquette et les plans de la Bibliothèque Nationale du Maroc à Rabat, dont le concours a été remporté par les architectes Rachid Andaloussi et Abdelouahed Mountassir.
On attend toutefois toujours le démarrage du chantier. Et last but not least la chronique du poète Mostafa Nissabouri. Intitulée «Fureur au bord du monde », et toute traversée par le feu du lyrisme, elle ressemble à un réquisitoire contre l’affairisme qui prévaut dans un monde avare en poésie.

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