Les frères Zinoun sur les pas de leur père

Les frères Zinoun sur les pas de leur père

C’est confirmé, les deux fils du chorégraphe Lahcen Zinoun, Kaïss et Chamseddine, sont rentrés définitivement au Maroc. Ce retour intervient après un parcours exceptionnel à l’étranger, partagé entre une formation solide acquise en Europe, voire outre-Atlantique, et une carrière de professionnels dans les grands ballets internationaux. Rodés et érodés par tant d’années de danse, les deux frères décident de mettre leur savoir-faire et leur expérience au service de leur pays d’origine. Interrogé sur les « raisons » de ce retour, le frère aîné de Chamseddine, en l’occurrence Kaïss, nous a affirmé que ce choix traduit un rêve qu’il a longtemps caressé : enseigner aux jeunes marocains les rudiments de la danse contemporaine. Un pari difficile vu que l’enseignement artistique, à plus forte raison celui de la danse, équivaut, de ce côté-ci de la Méditerranée, à une portion congrue. Mais vu la carrure des deux frères, pétris de talents et formés dans les  bonnes écoles, il y a plusieurs raisons d’y croire. S’agissant de leur cursus, c’est d’un véritable parcours de combattant qu’il s’agit. Né en juillet 1970, à Charleroi (Belgique), Kaïss fait ses premiers pas à l’Ecole de Maurice Béjart, à Bruxelles. Il en est sorti deux ans plus tard avec un diplôme réputé en guise de ticket d’entrée dans l’univers des espoirs de la danse. C’est ce que ne manquera pas de prouver en 1988 la célèbre compétition de Lausanne où le jeune Kaïss a décroché un premier prix qui lui ouvre les portes des Etats-Unis. Cette récompense lui a donné droit à une bourse pour poursuivre sa formation à New York. Il intègre le très sélectif American Ballet theatre. C’est là qu’il côtoie Michaël Barechnikov qui fait autorité en matière d’enseignement chorégraphique. Le résultat ? Il est excitant : Kaïss acquiert les bases académiques de l’école américaine. Cette expérience lui donnera la possibilité de joindre le San Francisco Ballet, dirigé par des sommités de la chorégraphie américaine, telles que Helgi Thomason, Marc Maurice et Bintley. Avec la compagnie du San Francisco Ballet, il a joué dans plusieurs pièces chorégraphiques telles que «Casse-noisette», «Le Lac des cygnes» et «Roméo et Juliette».
L’expérience de Chamseddine n’a, quant à elle rien à envier à celle de son frère. Né en 1980 à Casablanca où il a acquis les rudiments de la danse contemporaine auprès de son père Lahcen, il s’envole pour la Belgique pour approfondir sa formation. En 1996, il s’inscrit au Ballet Royal des Flandres, avant de rejoindre en 2001 le Ballet du Nord où il s’est fait remarquer par son don précoce pour la danse contemporaine. Il deviendra l’un des piliers de ce Ballet. A preuve, la belle performance dont il a fait montre lors du mémorable spectacle donné par cette compagnie il y a quelques années au complexe Moulay Rachid, dans le cadre du Festival international de danse contemporaine de Casablanca. Danseur confirmé, Chamseddine a également des dons d’acteur. Au départ, il s’est fait signaler par un brillant passage dans le long-métrage « Oud El Ward » de Lahcen Zinoun, aux côtés de Mohamed Miftah et Sanaâ El Aaloui. Et ce n’est pas tout… Actuellement, il tourne avec Driss Rokh à Ouarzazate dans le film du Suédois Peter Flint : « Arn, les cavaliers du beau temple » … Une belle destinée en perspective…

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