Les heures supplémentaires, un besoin ou un luxe ?

Les heures supplémentaires, un besoin ou un luxe ?

«Les heures supplémentaires apportent un soutien temporaire à l’étudiant et lui permettent d’avancer», estime Hanane Slimani, directrice d’un lycée à Rabat. «La plupart des tuteurs ont recours aux institutions privées ou aux cours particuliers à domicile. C’est surtout lorsque les examens de fin d’année s’approchent que la majorité des étudiants demandent à s’inscrire dans des cours où ils ont des difficultés», a-t-elle- ajouté. En effet, l’ampleur du phénomène s’accélère durant la période de préparation des examens, car les jeunes étudiants vivent un compte à rebours stressant. Tous les moyens sont bons pour obtenir les résultats escomptés. Les avis relevés à ce sujet sont très partagés. Effectivement, la majorité des élèves affirment opter pour les heures supplémentaires. «Je trouve que cette pratique est très sensée du moment qu’elle n’intervient pas dans la relation: notes-mérite», confie Amine, un jeune lycéen à Casablanca avant d’ajouter que «certains professeurs privilégient ceux qui sont inscrits dans leurs cours de ceux qui n’y sont pas inscrits. Ceci est flagrant si l’on considère les notes octroyées à chaque élève». Mohamed, 44 ans, père de Anass (deuxième année secondaire) souligne: «Mon enfant a recours à des heures supplémentaires en anglais. Son professeur d’anglais ne cesse de demander le fait de passer des cours supplémentaires dès la première (200 dirhams par mois), je ne dis pas que c’est cher mais parfois les autres charges du foyer m’obligent à dire cela», affirme le père d’Anas. «Oui, ce monsieur a raison, il y a des professeurs qui demandent à leurs étudiants de prendre des cours du soir avec un prix de 150 et parfois 250 dirhams. Ce prix reste un peu onéreux pour une majorité de parents», estiment Salma, 15 ans, et Amira, 16 ans, en première année secondaire au lycée Mohammed V à Casablanca. Cela implique pour certains parents et étudiants que les heures supplémentaires coûtent cher par rapport à leurs dépenses mensuelles. Changement de décor. On est devant la porte d’un lycée branché. Une élève issue d’une famille bourgeoise dit préférer avoir un professeur particulier à domicile avec un prix de 600 dirhams par mois. «Les cours à domicile sont demandés par les parents aisés, car ils offrent une grande souplesse : pas de perte de temps dans les transports, horaire choisi à la convenance de l’élève, soutien personnalisé», explique Nada, 32 ans, professeur de langue française. Cela fait 5 ans que cette dernière donne des cours particuliers à domicile. Asmae Wahib, professeur de mathématiques dans un lycée privé à Rabat, trouve que c’est «mieux de donner des cours à domicile». «L’étudiant est impliqué et plus concentré», renchérit-elle. Et d’ajouter: «Il faut savoir que lors des cours collectifs, quelques élèves sont timides et n’arrivent pas à poser des questions». Mais les heures supplémentaires sont-elles nécessaires à ce point ? Peut-on s’en passer?. Leila, 32 ans, maman de deux enfants, pense qu’«il faut seulement un simple suivi des devoirs de nos enfants». «Chercher à améliorer le niveau de nos enfants, parler avec leurs professeurs, bref accompagner l’évolution de son enfant, c’est ce qui est important», ajoute-t-elle.

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