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Les livres de la semaine

«Les rentiers du Maroc utile», Abderrahim El Badaoui
La démocratie du plus fort, du plus riche, n’est pas toujours la meilleure. Dans le contexte très particulier du sous-développement, la loi de la majorité n’est pas toujours synonyme de démocratie, de liberté et d’égalité. Parfois, appliquée sans garde-fous, elle est synonyme de couverture à la discrimination économique et sociale, de confusion entre l’immunité et l’impunité. Voulant faire quitter au pays les lourdeurs de l’économie nationalisée, on a fini par lui faire goûter aux faveurs d’une économie iqtaïsée !
Ils ont eu leurs seigneurs de l’Europe féodale, nous avons nos seigneurs ploutocrates du Maroc utile ! Situé entre ceux qui n’ont fait que s’en tenir à leur « rassid attarikhi » et les tenants d’une nouveau « rassid al banki » constitué dans le giron d’un makhzen économique lié à un certain concept de l’autorité. D’où cette visite-guidée des rentes politiques. Loin d’être un livre-règlement de compte, c’est un essai de présentation des comptes non réglés à l’égard des citoyens supposés encadrés par de jurassiques partis et des syndicats divisés, aux leaders vieillis ; des chambres professionnelles et des collectivités locales aux majorités rapiécées et aux attributions détournées…
Il n’y sera donc pas question de prendre parti. Mais surtout de rendre compte et de laisser le lecteur se faire ses opinions.
À partir des repères d’information, des éléments d’observation et de réflexion qui, après plus de vingt ans de côtoiement et six années de prospection et de rédaction, aspirent à stimuler quelques remises en question. « Il est arrivé à des candidats fortunés de servir en un seul repas de campagne l’équivalent de plusieurs mois de salaire d’un professeur d’université tenté par l’expérience parlementaire. Ceux qui ont tenté de prendre part au « jeu démocratique » se sont vite rendu compte de la difficulté de leur entreprise.
Un décret du 22 octobre 1997 fixe à 250.000 DH le plafond des dépenses autorisées pour financer une campagne législative. Une telle somme représente à peine un niveau plancher pour beaucoup d’investisseurs électoraux. Alors qu’elle peut s’avérer franchement dissuasive pour des cadres aux idées sans… pétrole. Dans un pays où il est beaucoup plus facile d’acheter des voix que de vendre des livres et des journaux ! »
Universitaire, Abderrahim El Badaoui est ancien responsable du service des études d’un organisme financier, consultant au ministère du Plan et vice-président d’une commune casablancaise.
Economiste, il enseigne à l’Université Hassan II et collabore avec plusieurs organes de presse.
« Guide diplomatique », Club diplomatique marocain
Le Club Diplomatique marocain a récemment publié une nouvelle édition corrigée du Guide diplomatique.
De format moyen, il comprend deux partie, l’une en langue arabe et l’autre en arabe. Le nouveau guide contient un grand nombre d’éléments d’information utiles, dont le statut du Club diplomatique, les noms et les photographies de ses membres à l’étranger, leurs adresses et numéros de téléphones au Maroc, les postes diplomatiques où ils ont exercé ou exercent actuellement, la liste des ministres des Affaires étrangères et secrétaires d’État que le Maroc a eu à ce jour, les ambassadeurs marocains nommés depuis l’indépendance à ce jour, les différents pays de leurs accréditations et, enfin, les ambassadeurs marocains décédés.
« La famille diplomatique marocaine connaissant, à l’instar des institutions similaires dans le monde, une dynamique constante et de fréquents changements d’affectations, le Club se doit de procéder, de temps à autre, à une mise à jour des données contenues dans le Guide Diplomatique, afin que les membres puissent disposer d’une édition actualisée et d’informations conformes à leurs attentes », écrit l’ambassadeur Ahmed Drissi, président du Club diplomatique.
Ce nouveau guide vient enrichir le patrimoine bibliographique du Club, qui englobe « Principes constants d’une diplomatie en mouvement », « La diplomatie marocaine, constantes et prospective » et « Relation du Maroc avec son environnement diplomatique et économique ».
« Chroniques sahariennes », Moussa Hormat-Allah
Comment mettre fin à la partie de bras de fer entre le Maroc et l’Algérie au sujet du Sahara? Comment faire de cette pomme de discorde et de division un puissant facteur d’union et de rassemblement ? Comment réussir là où la Minurso et Baker sont en passe d’échouer? À toutes ces interrogations et à bien d’autres, Moussa Hormat-Allah essaie d’apporter des éléments de réponse à travers « Chroniques sahariennes ».
Le livre est une réflexion approfondie qui sort des sentiers battus et qui intègre pour la première fois tous les paramètres endogènes et exogènes du puzzle sahraoui. Moussa Hormat-Allah y propose notamment une alternative réaliste, originale et crédible au deuxième plan Baker, où tous les protagonistes trouvent leur compte.
L’auteur dans une approche inédite et un cheminement méthodique ne laisse pratiquement rien d’essentiel dans l’ombre. Avec autorité, pertinence et minutie, les enjeux géopolitiques et géostratégiques du conflit du Sahara sont évoqués, discutés, analysés et décryptés: les Américains et le Sahara, l’arsenal militaire conventionnel et nucléaire algérien, l’alliance contre nature entre l’Espagne et l’Algérie, les dangers d’une Administration autonome au Sahara, la boulimie algérienne du grignotage territorial, la nécessité pour le Maroc de se doter d’un bouclier anti-aérien, la transposition éventuelle au Sahara de modèles d’autonomie comme le modèle catalan, la diplomatie marocaine et l’affaire du Sahara, la place centrale et le rôle de premier plan de la Mauritanie dans tout règlement du conflit saharien quelle que soit la formule retenue, etc.
« Chroniques sahariennes » est une approche prospective qui anticipe les événements et apporte des réponses concrètes, originales et novatrices. Ce livre est préfacé par Ahmed Osman, président du RNI et ancien Premier ministre. La postface est de Abdallah Saâf, professeur de science politique. L’avant-propos est de Mohamed Moatassime, professeur de relations internationales.
« Le Maître et la Mort », Marc Trillard
« Port-au-Prince, comme une pièce de charogne, une carcasse entre les mâchoires d’un chien sur sa décharge » : c’est là que commence le roman, lors des funérailles quasi nationales organisées à la mémoire d’un journaliste assassiné sur les ordres d’un sénateur véreux, membre influent de la mouvance Lavalas actuellement au pouvoir, qui préparait le retour du prêtre-président Aristide. Le personnage central du roman, Valéry Vlatine, est employé à la bibliothèque de l’Institut français. On est en période électorale, et Haïti vit dans un climat de guerre civile larvée.
Vlatine occupe ses journées à se promener dans le pays, évitant les banlieues résidentielles fréquentées par les Blancs, cherchant un apaisement à son vague à l’âme dans les bras de très jeunes prostituées haïtiennes. Seule contrainte professionnelle, il doit accueillir un écrivain venu de la métropole, Exantus Phanord, natif de l’île mais qui n’y est pas retourné depuis l’enfance. Vlatine le guide dans les quartiers populaires, puis lassé par la naïveté et les bons sentiments de l’écrivain, l’abandonne à son sort. Phanord se retrouvera dans une manifestation de l’opposition, des policiers l’embarqueront au poste où il fera un séjour à la fois instructif et traumatisant, qui hâtera son retour vers Paris. Vlatine a décidé de rester sur l’île, se rapproche d’une secte évangéliste dirigée par le pasteur Habermas, qui ne tarde pas à repérer ses qualités de prédicateur.
Vlatine monte dans la hiérarchie et finit par fonder sa propre secte, baptisée le Rocher de Baden, avec quelques prêtres d’Habermas qu’il parvient à dévoyer.

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