« Les médias du Maroc émergent »

« Les médias du Maroc émergent »

ALM : Quel est l’objectif de la visite de prospection menée par IREX au Maroc, dont vous êtes partenaire ?
Saïd Essoulami : En tournée de reconnaissance au Maroc, des responsables d’Irex ont eu plusieurs entretiens avec des acteurs marocains des médias. L’objectif est de rechercher des partenaires locaux et assister la transition démocratique que connaît le Maroc, mais sur un volet spécifique : les médias. Des rencontres aussi bien avec des représentants du Syndicat national de la presse marocaine, la fédération des éditeurs de journaux, des directeurs de publications ainsi qu’avec la directrice de l’Institut supérieur de l’information et de la communication, Latifa Akherbache.
A cela s’est ajoutée une rencontre avec les membres de la Haute autorité de la communication audiovisuelle et une autre avec des responsables au sein de la deuxième chaîne (2M).
Sur quoi ont porté ces différentes rencontres ?
Il s’agit de la toute première fois qu’Ibex prend une telle initiative. Ayant commencé par le Maroc, les responsables de cette association projettent également de se rendre dans d’autres pays arabes, à savoir le Liban, la Jordanie, le Yemen et l’Egypte. Une initiative prise suite à la participation marocaine, à travers l’antenne Afrique du Nord et Moyen-Orient du centre pour la liberté de la presse (Centre for Madia Freedom, basé à Londres et qui était le premier à se focaliser sur cette région, NDLR), au congrès annuel d’Ibex, dont le Centre est partenaire régional. C’était l’occasion de présenter les besoins du Maroc en matière de médias. Ayant travaillé pendant plus d’une décennie sur des régions du monde comme l’Europe de l’Est, l’Europe centrale et l’Asie, cette association a assisté à l’émergence et le développement des médias aussi bien audiovisuels que ceux de la presse écrite. Une expérience qui pourrait s’avérer bénéfique pour un pays comme le Maroc où la même tendance est remarquée. Celle de la professionnalisation. Plusieurs médias sont arrivés maintenant à un degré de viabilité qui promet un développement certain du secteur.
Quelles ont été vos conclusions quant à l’évolution que connaît le secteur des médias au Maroc?
Le Maroc est un pays où les médias ont bel et bien émergé. Maintenant, le temps est à la modernisation, en commençant par déterminer les besoins des médias. Un élément qui a fait l’objet, le 30 avril dernier, d’une journée d’étude organisée par la Fédération des éditeurs de presse et dont nous avons été partenaires. Une journée nationale sur le management des entreprises de presse et qui a servi à définir les priorités en matière de gestion de ces entreprises. Il en est ressorti que la formation aussi bien des staff rédactionnels (les journalistes) que des commerciaux est la première priorité pour la presse marocaine. Et c’est pour répondre à ce besoin que nous avons prévu une série de formations, d’une durée d’une semaine, au profit de journalistes et commerciaux marocains. Le premier sera consacré aux meilleurs moyens d’augmenter le nombre des lecteurs d’un journal donné.
L’octroi de petites bourses sont également prévues dans ce cadre.
Sachant qu’IREX est également active en matière d’encadrement de la société civile, existe-t-il des projets allant dans ce sens ?
Un soutien des associations non gouvernementales intéressées par les médias est également à l’ordre du jour. L’objectif est d’aider à l’émergence également d’une société civile active en la matière, aussi bien par ses propositions que par ses remarques, quant à l’évolution du secteur.

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