Les médias palestiniens muselés

Dans la ville de Ramallah, où le président palestinien Yasser Arafat est assiégé dans les ruines de son quartier général, l’armée israélienne, qui a investi les lieux depuis le 29 mars, a perquisitionné et occupé les locaux des médias, les empêchant ainsi de transmettre ou en les réduisant au silence. Ainsi, en prenant possession du bureau local de l’agence britannique Reuters, les soldats israéliens ont forcé les journalistes palestiniens ou étrangers à quitter les lieux. Ils ont en outre demandé, selon un employé du groupe de radio-télévision «Amwaj», de diffuser un message appelant la population à se rendre.
Le 2 avril, ils ont fait exploser l’émetteur principal du groupe et ont, toujours selon les mêmes sources, commis de nombreux vols et dégradations volontaires. Par ailleurs, depuis l’occupation, les habitants qui s’étaient accoutumés à recevoir cinq radios FM palestiniennes n’en captent plus aucune. Plusieurs médias privés palestiniens, selon les observateurs, ont été ainsi détruits et saccagés, à l’instar des chaînes locales de télévision «Al-quds Educational Television», «Al-istiqlal» et «Amwaj», contraintes au silence. Cependant et bien que privée de la majorité de ses émetteurs et de journalistes, la télévision officielle de l’autorité palestinienne continue d’émettre, en diffusant en boucle, depuis Gaza des images de funérailles de «martyrs» sur fond de musique patriotique. Elle a toutefois servi samedi à relayer en arabe le message de Yasser Arafat condamnant les attentats visant des civils.
Sur la chaîne de télévision «Al-Watan», d’après de nombreux témoignages recueillis à Ramallah, ont été diffusées des images de films pornographiques manipulées par les israëliens. Pour le porte-parole de Tsahal, «il n’y a aucun moyen de vérifier que l’armée soit responsable de cet acte.». Pour ce qui est de la presse écrite, le tableau est également très sombre.
Le quotidien «Al-quds» continue de paraître, car il est basé à Jérusalem-Est. Cependant, bouclages et couvre-feu en vigueur dans les territoires contraignent sa diffusion. «Al-Ayyam» et «Al-Hayat al-jadida», deux autres grands quotidiens palestiniens, normalement publiés à Ramallah, ne peuvent plus sortir. Rappelons que le 19 janvier 2002, l’armée israélienne avait déjà dynamité les locaux de la radio officielle «Voix de la Palestine» à Ramallah.
Un mois plus tôt, le 13 décembre, des militaires du génie israélien y avaient fait exploser le centre de diffusion de la télévision officielle de l’autorité palestinienne. Ainsi, accusés par Israël de véhiculer des appels à la violence contre les juifs, les médias palestiniens sont régulièrement la cible de l’armée, ce qui provoque l’indignation d’organisations internationales de défense de la liberté de la presse. Résultat, la plupart des palestiniens qui veulent s’informer doivent se tourner vers les chaînes étrangères, notamment la télévision qatariote «Al-jazira».

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