Les produits bioalimentaires font tendance

Les produits bioalimentaires font tendance

Consommer bio et manger sain. Un choix ou un besoin ? Une question que posent actuellement plusieurs personnes en allant au marché pour s’approvisionner en produits alimentaires. Certes, la question ne se pose pas avec acuité  pour nombre de consommateurs  habitués à faire leurs choix sans se soucier de la complexité des composants naturels et des  produits polluants qui affectent la qualité des divers produits agricoles. Sauf que l’engouement que connaissent les pays développés pour les produits dits bio ne nous laisse pas  indifférents. De nouvelles habitudes commencent à s’installer lors des courses. Plusieurs citoyens sont déjà à l’heure du «bio» et arrivent à s’approvisionner chez certains spécialistes du terroir.
Ces derniers proposent des solutions nutritionnelles alternatives avec un choix de produits assez limité. Dans certaines régions, à l’instar des zones où la production agricole est encore à l’état traditionnel et par conséquent biologique, les consommateurs optent toujours pour ces produits du terroir.
Mais, en l’absence de circuits de distributions qualifiés, tous les moyens sont bons pour ceux qui sont conscients de la gravité que représente l’utilisation des pesticides, d’engrais chimiques  et autres  produits polluants en agriculture conventionnelle.
Pour le «Codex Alimentarius», l’agriculture biologique est un système de gestion holistique de la production qui favorise la santé de l’agro-système, y compris la biodiversité, les cycles biologiques et les activités biologiques des sols. Elle privilégie les pratiques de gestion plutôt que les méthodes de production d’origine extérieure. Dans cette optique, des méthodes culturales, biologiques et mécaniques sont, dans la mesure du possible, utilisées de préférence aux produits de synthèse, pour remplir toutes les fonctions spécifiques du système.
Des produits laitiers aux œufs en passant par les fruits et légumes ainsi que les sucreries avec leurs gammes de confitures et de biscuits, la demande «bio» ne cesse de s’accroître. Une demande qui accompagne aussi une croissance continue du chiffre d’affaires de cette activité. De leurs côtés, ces aliments biologiques prennent plus d’importance dans le secteur agricole d’un certain nombre de pays.
On reconnaît un produit «bio» par un étiquetage qui garantit au minimum 95% d’ingrédients venant de l’agriculture biologique. Ce logo est par principe  la propriété du ministère de l’Agriculture qui atteste l’aliment.
De son côté, la mention de l’organisme de certification est obligatoire sur tous les produits issus de l’agriculture biologique afin d’éviter tout amalgame ou falsification.
Le Maroc a aussi sa production agricole «bio». Elle est essentiellement destinée  vers l’Union européenne. Et par ironie du sort, ce n’est pas le ministère de l’Agriculture qui assure la certification dans l’état actuelle des choses. Ce sont des organismes de certification et de contrôles étrangers installés au Maroc qui le font.
Ces derniers interviennent sur demande des producteurs nationaux et certifient ces produits selon les dispositions des règlements européens  relatifs à l’agriculture biologique.
«Au niveau des règlements européens, il y a une disposition au niveau de l’article 11  qui autorise les opérateurs des pays tiers à exporter leurs produits «bio» vers l’UE,  à condition qu’ils soient validés par des organismes certificateurs et qu’ils répondent aux prescriptions des règlements de production biologique», explique Khadija Bendriss de la direction de la production des végétaux au ministère de l’Agriculture.
Un produit est appelé «bio» lorsqu’il répond à un cahier des charges spécifique relatif au mode de production biologique. Dans l’état actuel des choses, le ministère de tutelle, à savoir celui de l’Agriculture,  a élaboré un projet de loi qui définit les règles de production biologique et qui est soumis aux formalités d’approbation.
Un texte qui prévoit aussi les organismes certificateurs. Une fois ce projet publié au Bulletin Officiel, les agriculteurs peuvent bénéficier de ce mode de production et demander auprès du ministère pour apposer le logo «bio» à  leurs produits. Au niveau des régions spécialisées dans ce type de production, le sud et le centre du pays sont déjà avancés dans ce type de culture.
D’autres fermes  sont éparpillées sur l’ensemble du territoire et ont déjà certifié leurs récoltes. L’huile d’argan, les olives de certaines régions,  l’huile d’olive, des oranges sont déjà certifiées «bio». Des légumes à l’instar des artichauts, les  haricots verts les pois ainsi que la menthe occupent une place de choix dans certains magasins d’alimentation naturelle  ou sur les étalages des marchés biologiques.
La demande en produits biologiques qui ne cesse de s’accroître a créé de nouvelles opportunités d’exportation pour plusieurs pays émergents dont le Maroc. Cependant, le marché local est aussi demandeur  d’où la nécessité de généraliser cette production qui ne peut se faire que par la mise en place d’un dispositif approprié en matière d’agriculture biologique.

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