Les puissants sur grand écran

Aujourd’hui le Maroc : Comment s’est décidée cette adaptation au cinéma de ton roman ?
Reda Mrini : Par hasard. Lorsque le roman est sorti les lecteurs l’ont trouvé visuel et ont pensé qu’il méritait d’être porté à l’écran. J’ai rencontré plusieurs réalisateurs dans mon parcours. J’ai proposé à Nour-Eddine Lakhmari au départ de l’adapter, un garçon dont je respecte le travail et dont j’apprécie la personnalité. Il m’a rappelé deux mois plus tard pour me dire que ça l’intéressait. Mais il était trop tard. J’étais à Tanger pour un hommage à Choukri, j’y ai rencontré. Farida Belyazid. Elle était intéressée et l’affaire dans le sac.
Qui a écrit le scénario ?
C’est Farida Belyazid avec la collaboration d’Ahmed Boulane. Je l’ai lu et donné mon avis sur certains passages.
N’as-tu pas peur que tes personnages ou ton récit ne soient dénaturés ?
Pas du tout. En fait dès le départ, j’ai considéré que chacun avait un rôle. J’ai écrit un roman. Le réalisateur fera son travail pour le film. J’ai dit à Farida que je respecterai son travail. Son scénario ne m’a pas déçu, il m’a même fait pleurer à certains endroits. Boulane a apporté un tempo et un rythme au scénario, l’histoire se passant dans le Maroc moderne.
As-tu droit à la parole en matière de casting ?
Oui. Tout se passe dans une grande convivialité et franchise. Bien sûr Boulane et Farida sont des cinéastes. Mais je donne mon avis sur des personnages importants dans une très bonne entente.
Seras-tu sur le tournage ?
Certainement. Ce sera une expérience formidable. J’ai toujours été fasciné par le cinéma. Je suis déjà allé avec Farida pour le repérage des lieux. Farida partage, demande l’avis des autres. Je suis très heureux de partager avec elle cette expérience.
Littérature et cinéma, les mots et l’image sont-ils conciliables pour quelqu’un qui écrit ?
Quand j’ai commencé à écrire «les puissants de Casablanca», je faisais le maximum pour que le lecteur puisse avoir une vision la plus précise possible des lieux et des personnages. Mais l’écriture ne sera jamais une caméra. Il y a toujours de la place pour l’imagination. Celle du lecteur. C’est à lui de faire la différence.
À quand le début du tournage?
Le début du tournage pendant le mois de ramadan. Des scènes d’atmosphère. Le vrai tournage est prévu au mois de janvier 2002. Le fonds d’aide a accordé deux millions de dirhams, la RTM s’est engagée pour un million de dirhams. Il y a des producteurs étrangers également sur les rangs, des sponsors qui ont déjà donné leurs accords de principe.
Le casting ?
Rachid El Ouali, Samia Akariou, Ahmed Boulane dans le rôle du méchant.
Parlons du roman en lui-même, son parcours,
L’accueil des lecteurs a dépassé mes espérances. La première édition de trois mille exemplaires a été épuisée en quelques mois. Une deuxième édition. Je suis fasciné par comment il est accueilli par les jeunes. Chaque fois que je vais dans un lycée, j’en sors bouleversé. Le roman a eu le prix Grand Atlas des lycéens cette année. Il est en cours de traduction en arabe. Même si une première mouture a été publiée en épisodes par le quotidien Essabah.
Ce roman a eu une suite. «Les rapaces de Casablanca». Une trilogie en perspective ?
Je n’envisageais pas que « les puissants de Casablanca » allait avoir une suite. Mon objectif, à l’époque était de décrire le Maroc de 1996 sur fond de campagne d’assainissement aveugle. L’accueil fait au roman et les encouragements que j’ai reçus m’ ont amené à accompagner mes personnages qui ont continué leur vie dans le début de la transition de 1997 qui devait nous conduire au gouvernement d’alternance. C’est donc cette période pleine d’espérance et d’attente que se déroule la suite de l’histoire sur fond d’élections truquées et de magouille politique. Aujourd’hui, je suis embarqué sans l’avoir planifié dans un projet de saga qui couvre l’histoire du Maroc au tournant du siècle.
Où en es-tu de ce projet ?
Je suis aux trois quarts du troisième tome.

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