L’hommage posthume de Bank Al-Maghrib à Miloud Labied

L’hommage posthume de Bank  Al-Maghrib à Miloud Labied

C’est à travers cette abstraction lyrique que se manifeste l’ellipse dans l’œuvre de Miloud Labied. Cette ellipse est exprimée en formes courbes et circulaires. Chose qui crée un certain graphisme.

«La figuration ne mène à rien». Cette déclaration donnée à ALM par Miloud Labied est rappelée par Abderrahman Benhamza, commissaire de l’exposition dédiée par Bank Al-Maghrib au défunt artiste-peintre. Ce show des toiles est, comme le rappelle le commissaire lors du vernissage récent à Rabat, une rétrospective qui raconte le parcours artistique de Miloud Labied. A commencer par la première partie de ce parcours dans la fin des années 50 du siècle dernier. Une période où le défunt faisait, selon le commissaire, «un peu du naïf». Après quoi, Miloud Labied est passé un peu à cette fameuse figuration cependant «camouflée» avant de mener d’autres expériences. «C’était un homme qui ne s’attardait pas à un seul style et qui aimait changer. Il faisait beaucoup de recherches», indique M. Benhamza à propos du défunt artiste-peintre.

Cette figuration mène, par la suite, Miloud Labied à l’abstraction qui pourrait se lire, selon le commissaire, sous plusieurs angles. Il s’agit d’abord de la période cubiste de l’artiste influencé par des amis américains. Ainsi, il a fait quelques toiles à ce propos. «En même temps qu’il travaillait à ces formes géométriques plus ou moins monochromes, il a fait des œuvres en résine de polyster. Ce sont des formes et volumes, sa sculpture à lui», précise le commissaire. Pour M. Benhamza, cette sculpture est plutôt un haut-relief puisque les œuvres conçues par le défunt en cet art demeurent des tableaux qui s’accrochent.

De l’abstraction, Miloud Labied passe à celle lyrique où dominent la courbe et la contre-courbe. Là encore c’est une précision qu’il fait de son vivant. «Ce sont des souvenirs d’enfance qui lui sont revenus sous ces formes arrondies et qui vont chercher dans ce qu’on pourrait appeler sa libido», explicite le commissaire autour de l’abstraction lyrique du défunt artiste. C’est à travers cette abstraction lyrique que se manifeste l’ellipse dans l’œuvre de Miloud Labied. Cette ellipse est exprimée en formes courbes et circulaires. Chose qui crée un certain graphisme comme le précise le commissaire qui estime que «l’ellipse est une figure subtile au niveau plastique». Cette ellipse, également une figure rhétorique, est un jeu de camouflage qui fait évoquer certaines réalités psychologiques dans l’œuvre de Miloud Labied.

Quant au lyrisme, il se manifeste via le niveau des couleurs. D’ailleurs le tour de l’exposition laisse voir un beau mélange de couleurs. Aussi, ce lyrisme est, comme le souffle le commissaire, érotique avec une certaine dimension musicale.

Dans l’ensemble, l’œuvre du défunt est, selon M. Benhamza, marquée par la liberté du geste et l’harmonie des tons et certains contrastes pour marquer les volumes et définir les formes. 

Pour rappel, cette exposition, hommage à Feu Miloud Labied, qui se tient sous le thème «Un art magistral de l’ellipse », se poursuit jusqu’au 31 mars 2018 au musée de Bank Al-Maghrib. A visiter !       

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