L’homme, cet inconnu

L’homme, cet inconnu

Chez Bouchta El Hayani, il y a une relation au corps à et l’Homme qui va au-delà des contingences existentielles pour  signifier une série d’interrogations sur le sens même de la vie, de ce qu’est l’humain, dans ses infinies ramifications.  D’ailleurs, dans presque tous les travaux de Bouchta El Hayani, depuis les années 70, époque de ses débuts,  le relief humain est constamment parcouru d’une onde de choc.

Le corps, d’une œuvre à l’autre, d’une période picturale à la suivante, n’a plus d’organes, mais des seuils ou des niveaux. Le corps ne nous renseigne plus sur ce qui est donné à voir, mais il sert de seuil pour aborder une autre lecture de l’espace habité par l’homme dans toutes ses dimensions. Dans cette exposition qui réunit plusieurs époques du peintre, le jeu des apparences n’est qu’un palier de signifiance. En plus de 40 ans de recherches, d’essais et d’expérimentations, Bouchta El Hayani n’a rien cédé de son obsession de comprendre un tant soit peu l’homme en lui.

En vain, car l’humain est fuyant, toujours en mouvance, en mutations, à la recherche d’un épicentre perdu. Ce qui fait que ces étranges personnages aux allures de chimères  sont des apparitions, sitôt envahies, après de brefs coups d’éclat. L’homme se tient debout, ne plie pas l’échine, refuse de céder la place, s’obstine à vivre, à marquer de son empreinte son univers. Car, que l’on ne s’y trompe pas, chez Bouchta El Hayani, ces silhouettes ne sont pas statiques. Elles se meuvent dans un espace créé sous chaque pas que l’homme invente au fur et à mesure de son périple sur terre.   En somme, la peinture de Bouchta El Hayani invente une synthèse originale, mêlant des cultures et des cosmogonies variées à son épopée personnelle. On sent alors les influences et les confluences de mondes épars, traversés par l’acuité du regard. Là encore,  le rendu est une puissante synthèse d’une euphorie poétique née de ce métissage des cultures.  Dans cette optique, tout le travail du peintre est un condensé de tissage-métissage. Un enchevêtrement  né d’un patrimoine archaïque perdu entre l’ancien et le nouveau monde.  

Jusqu’au 30 novembre 2014, à la galerie BCK de Marrakech

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