L’IRCAM, un an après sa création

L’Institut royal de la culture amazighe a achevé la réalisation de son premier programme d’action en janvier 2004. Avec cet achèvement, l’IRCAM a atteint ses principaux objectifs pour la période 2002-2003.
Sur le plan scientifique, le taux de réalisation des actions scientifiques est de l’ordre de 70% des actions prévues, compte tenu des actions engagées : Dans le domaine de l’enseignement, pour la première fois dans l’histoire du système éducatif au Maroc, la langue amazighe est introduite à l’école au niveau de la première année de l’enseignement primaire dans environ les 16 régions et dans plus de 300 écoles. Les enseignants engagés avoisinent les mille, les inspecteurs au nombre de 75 et les élèves touchés au nombre de 25.000.
Pour réussir cette première, la plupart des outils et des supports pédagogiques destinés à la première année de l’enseignement primaire ont été confectionnés, ils seront mis gratuitement à la disposition des établissements par le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse (MENJ) à la rentrée du second semestre 2003-2004. Deux sessions de formation, conçues et encadrées par l’IRCAM et organisées par le MENJ, ont eu lieu en juillet 2003 et dont les bénéficiaires ont été les cadres devant prendre en charge l’enseignement de l’amazigh, à savoir les inspecteurs et les professeurs.
D’autre part, la graphie tifinaghe retenue par le Conseil d’administration et approuvée par Sa Majesté le Roi en tant que graphie officielle de l’amazigh a été codifiée et utilisée dans les écrits en amazigh, notamment dans les manuels et les supports pédagogiques de l’amazigh. La police Tifinaghe-Ircam a été mise au point, diffusée et employée dans l’édition en amazigh. Un projet de codification de Tifinaghe-Ircam standard a été soumis à ISO/Unicode, l’Organisation internationale de codification des graphies. L’amélioration technique et esthétique des polices tifinaghes est en cours.
En plus, l’orthographe de l’amazigh a été normalisée et appliquée dans la production en langue pédagogique, scientifique et littéraire en amazighe. La grammaire et le lexique de l’amazighe standard sont également en bonne voie. Un précis de grammaire accompagné d’un lexique de l’éducation à l’usage des maîtres est en voie de réalisation. Des études ont été réalisées, de surcroît, dans le domaine de la collecte, de la classification et de l’analyse des matériaux littéraires et artistiques. Des travaux de recherche fondamentale sont également entamés dans les domaines de l’histoire et de l’anthropologie. De même que la bibliothèque et le système de communication sont en voie de constitution et seront opérationnels dans un proche avenir.
Dans le domaine de la communication, des manifestations et des colloques ont été organisés pour s’ouvrir sur l’environnement et afin d’assurer le rayonnement de l’Institut. Les principales actions menées ont porté sur le théâtre amazighe, le manuscrit amazigh, la littérature amazighe, la résistance dans l’histoire du Maroc, l’enseignement de l’amazighe, la standardisation de l’amazigh, la traduction la presse amazighe, droit et société, les nouvelles technologies appliquées à l’enseignement de l’amazighe (19-20/12/03). L’Institut a également participé à la commémoration du discours d’Ajdir et a organisé un hommage à M. Chafik, son premier recteur. L’ensemble des activités scientifiques et de rayonnement exposés ci-dessus démontre que l’IRCAM est en passe de devenir un pôle de référence pour tout ce qui concerne l’amazighité au Maroc.
Sur le plan de la valorisation des ressources humaines, le personnel comprend un effectif total de 111 agents, dont 46 chercheurs et 65 administratifs et assimilés. Le personnel englobe des statutaires, des détachés et des contractuels ; il est recruté selon la réglementation en vigueur dans la Fonction publique et selon les dispositions du Statut du personnel de l’Institut et leur mise en exécution par la commission administrative. Les différentes catégories du personnel ont bénéficié d’actions et de mesures d’encouragement, notamment des actions de formation continue au Maroc et à l’étranger, et des missions scientifiques effectuées au Maroc et à l’étranger. Le personnel a également bénéficié de mesures à caractère social, notamment la création d’un Fonds d’action sociale (FOS) dont les principales actions ont pris la forme d’aides financières et de subventions.
En conclusion, l’exposé des résultats enregistrés nous conduit à dire que l’essentiel des actions prévues a été réalisé en dépit de conditions parfois difficiles, notamment durant le premier semestre de l’année 2002-2003 en raison de l’indisponibilité des locaux, de l’insuffisance des équipements et de la réduction des ressources humaines. Malgré ces conditions et, il faut le souligner fortement, grâce au dévouement du personnel chercheur et du personnel administratif, nous avons pu relever les défis auxquels nous avons été confrontés. Le défi est clair et l’enjeu d’importance : l’IRCAM se doit d’être encore plus performant pour réaliser un dessein collectif et s’inscrire pleinement dans l’effort national visant à édifier une société démocratique et moderniste sous la conduite éclairée de Sa Majesté Mohammed VI. Notre conviction est que la culture amazighe recèle des atouts considérables au niveau des valeurs morales et éthiques, de la gouvernance citoyenne et des procédures de gestion des ressources susceptibles de contribuer à l’édification de ce projet sociétal.

Par Ahmed Boukouss
Recteur de l’IRCAM

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