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L’ignorance
"Si quelqu’un pouvait détenir dans sa mémoire tout ce qu’il a vécu, s’il pouvait à n’importe quel moment évoquer n’importe quel fragment de son passé, il n’aurait rien à voir avec les humains : ni ses amours, ni ses amitiés, ni ses colères, ni sa faculté de pardonner ou de se venger ne ressembleraient aux nôtres." L’épopée du retour appartient-elle encore à notre époque ? L’Odyssée serait-elle concevable de nos jours ? A quoi se rapporte la notion de patrie ? La brièveté de la vie nous permet-elle de nous attacher à un autre pays ? Comment accorder les mémoires de ceux qui se retrouvent après de longues années d’absence ? Les souvenirs ont-ils un volume temporel mesurable ? Comment cohabiter avec les morts?  Autant de questions que se posent Josef et Irena, de retour à Prague pour une courte visite. Il a quitté son pays pour le Danemark parce qu’il ne pouvait supporter de le voir asservi et humilié, elle est partie à Paris parce que la police secrète ne laissait pas son mari en paix. Veufs l’un et l’autre, ils se confrontent au passé, s’interrogent sur l’avenir vers lequel le présent les mène, se rencontrent. Ils orchestrent, à leur manière, la lente cérémonie des adieux définitifs à ce pays d’origine qu’ils aiment entre tous et qu’ils sont prêts à perdre une nouvelle fois, sans regret. A travers ce récit où les destins se brassent et s’enchevètrent, où l’Histoire de la Tchécoslovaquie épouse la fiction romanesque, Milan Kundera interroge le concept du Grand Retour au pays d’origine. Tendue par une écriture dénuée d’artifice, L’Ignorance est l’une de ses œuvres les plus abouties.

Milan Kundera, L’ignorence,
Editions Gallimard, 2005, 236 pages

La petite chartreuse
«Sur l’asphalte trempé, autour d’un corps de poupée désarticulé une flaque rouge sombre commence à s’élargir et de minces filets sanglants serpentent entre les pneus des voitures brutalement immobilisées sous la pluie de novembre. »Un fait divers comme il en arrive si souvent : un jour, le libraire Vollard percute en voiture la petite Eva. L’homme des livres, l’homme de la mémoire et de la circulation des livres, souffrira à jamais de cet accident qui fait perdre à la fillette, ironie du sort et de la fiction, l’usage de la parole.
Livre sur le mutisme, le remords, les mots, le bonheur des livres et la beauté du métier de libraire, La Petite Chartreuse (du nom de ces religieuses qui faisaient vœu de silence en entrant dans les ordres et du mystérieux massif de la Chartreuse dans les Alpes) est une
fable moderne sur le destin et le langage : que peuvent les mots quand la fatalité vous brise et vous coupe irrémédiablement du monde ?  Un livre qui fait sauter le cloisonnement classique littérature adulte/ littérature jeunesse, signé par un homme hanté par la question de l’enfance, autant dans ses romans, comme Naissances, que dans ses essais, comme La Petite Fille dans la forêt des contes.

Pierre Péju,La petite chartreuse,
Gallimard, 1993, 373 pages

La dame à la licorne
Désireux d’orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble, Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. Le commanditaire est riche, il rêve de grandes scènes de chasse et de batailles. Surpris d’avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l’artiste accepte après avoir entrevu la fille de Jean Le Noble dont il s’éprend. Elle deviendra l’inspiratrice et le modèle des tapisseries. Cette passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes. À Bruxelles, le lissier Georges de La Chapelle est confronté au plus grand défi de sa carrière. Jamais il n’a accepté un travail aussi ambitieux dans des délais aussi brefs.  Mais les commandes sont rares et le marchand est puissant. Toute la vie de son atelier et de sa famille en sera bouleversée. En élucidant le mystère d’un chef-d’œuvre magique, Tracy Chevalier ressuscite un univers de passion et de désirs dans une France où le Moyen Âge s’apprête à épouser la Renaissance.

Tracy Chevalier, la dame à la licorne,
Editions Gallimard, 2005, 358 pages

Un long dimanche de fiançailles
Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Cinq soldats qu’on a jetés dans la neige de Picardie, un soir de janvier 1917, devant la tranchée ennemie, pour qu’on les tue. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n’avait pas vingt ans. À l’autre bout de la France, la paix venue, Mathilde veut savoir la vérité sur cette ignominie. Elle a vingt ans elle aussi, elle est plus désarmée que quiconque, mais elle aimait le Bleuet d’un amour à l’épreuve de tout, elle va se battre pour le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l’a perdu. Tout au long de ce qu’on appellera plus tard les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu’au bout de l’espoir insensé qui la porte.

Sébastian Japrisot, Un long dimanche de fianciallles, Gallimard, 1993,
373 pages

La nostalgie de l’ange
L’histoire commence après le viol et le meurtre de Susie, 14 ans. Depuis le paradis, elle observe tendrement ceux qu’elle a laissés, sa famille, le policier chargé de l’enquête, son meurtrier.
Son regard plein d’émotions dépasse l’horreur et la douleur, pour inspirer le pardon, la renaissance et la vie. Premier roman

Amlice Sebold, Edith Soonckindt,
La nostalgie de l’ange, j’ai lu, 2005,
347 pages

Hors de moi
" J’ai tout perdu, sauf la mémoire. Il m’a volé ma femme, mon travail et mon nom. Je suis le seul à savoir qu’il n’est pas moi : j’en suis la preuve vivante. Mais pour combien de temps ? Et qui va me croire? " Dédoublement, folie, manipulation mentale ? Explorant une nouvelle fois les mystères de l’identité, Didier van Cauwelaert a écrit un suspense hallucinant, l’odyssée d’un homme seul en lutte contre le mensonge de son entourage… ou sa propre vérité.

Didier Van Cauwerlaert, Hors de moi, livre de poche, 2005, 216 pages

Onze minutes
Maria est une toute jeune Brésilienne du Nordeste. Elle, qui n’aspire qu’à l’Aventure, au grand amour, et travaille comme vendeuse dans un magasin de tissus, s’offre une semaine de vacances à Rio de Janeiro. Sur la plage de Copacabana, un Suisse lui propose de devenir danseuse de cabaret à Genève. Elle voit là le début d’un conte de fées, mais la réalité sera tout autre.
Maria en vient à se prostituer : sans honte, puisqu’elle apprend à son âme à ne pas se plaindre de ce que fait son corps, et qu’elle s’interdit de tomber amoureuse. Après tout, la prostitution est un métier comme un autre, avec ses règles, ses horaires et ses jours de repos…
Mais le sexe – tout comme l’amour – reste pour elle une énigme. C’est alors qu’elle rencontre un jeune peintre qui la trouble, car, s’il est aussi perdu qu’elle, il sait parler le langage de l’âme. Pour découvrir le sens sacré de la sexualité, Maria devra trouver le chemin de la réconciliation avec elle-même.

Paulo Coelho, Onze minutes,
édition LGF, 2005, 314 pages

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