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Quand les juifs s’opposent au sionisme
«Au nom de la Torah, une histoire de l’opposition juive au sionisme ». Ce livre, paru au Québec et présenté en 2004 au Maroc , est d’une importance capitale. Ecrit par un historien de la diaspora juive au Canada, de son nom Yakov M.Rabkin, ce livre dit tout haut ce que les juifs pensent tout bas  : l’opposition juive au sionisme.
Pour M.Rabkin, attendu au Maroc le 25 avril courant pour le lancement de l’édition marocaine de son livre (chez Tarik-Editions), « parmi les partisans inconditionnels d’Israël, il y  a moins de juifs que de chrétiens » ( !).
Un paradoxe, que l’auteur démêle en historien méticuleux : « En marge d’une énorme manifestation d’appui à Israël, à l’occasion de son jour de l’Indépendance, qui se déroule en plein centre de Montréal, des juifs haredis (Ndlr : celui qui tremble) en redingote et chapeau noir brandissent des affiches pour le moins controversées : Arrêtez l’aventure sanguinaire du sionisme !, Le Rêve sioniste tourne au cauchemar, Sionisme est le contraire de judaïsme ».
Le mérite principal de M.Rabkin est d’avoir eu le courage de lever un amalgame entretenu pendant longtemps dans les esprits : l’association automatique, voire aveugle, entre les juifs et les sionistes.
Amalgame qui a été à l’origine de plusieurs dérives antisémites : incendies d’écoles juives en France et en Belgique, attaques contre des synagogues en Turquie et en Tunisie, etc.
Et l’auteur de s’interroger : « En quoi les enfants hassidiques d’Anvers ou de Cagny, victimes d’une attaque terroriste, sont-ils responsables des actes des soldats israéliens à Jénine ou à Ramallah ».

Yakov M. Rabkin, « Au nom de la Torah, une histoire de l’opposition juive au sionisme », Les Presses de l’Université Laval (Québec), 274 pages.

El Khayat et Khatibi, correspondance ouverte
Entre décembre 1995 et octobre 1999, Ghita El Khayat et Abdelkébir Khatibi avaient échangé une série de lettres. Un dialogue entre deux intellectuels s’établit, l’une est à la fois écrivaine et psychanaliste, l’autre est chercheur et sociologue. Cette correspondance est également d’autant plus intéressante qu’elle engage un homme et une femme, qui par-delà leur statut d’intellectuels présentent un indicateur sur ce que peut être la relation entre des personnes de natures différentes.
C’est ce que l’on peut découvrir à travers le livre intitulé « Correspondance ouverte », par récemment aux éditions Marsam de Rabat. Correspondance, peut-on lire en préface du livre, qui est peut-être la première dans son genre, publiée dans le monde arabe.

Ghita El Khayat, Abdelkébir Khatibi,
Editions Marsam, 144 pages.

La jeune fille à la perle : un roman à fleur de peau
La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier raconte le monde de Griet, cette jeune servante dont la sensibilité de l’âme n’a pas de limites. Livre précieux comme une perle. On le lit d’une traite, sans reprendre son souffle. Ce beau roman retrace avec simplicité la Delft du XVIIIème, une esquisse de la vie du peintre Vermeer et la vie qui s’écoule, paisible ou moins paisible. Les canaux de la vieille hollande y ajoutent une grande beauté. L’intimité grandissante entre Griet et son maître est très fine et bien joliment décrite, de même que l’approche en douceur de la technique du peintre. C’est que la jeune servante a su percer l’univers clos de l’artiste, ce qui n’a pas manqué d’attirer les jalousies de ceux qui ne comprennent pas qu’un tel degré de connivence puisse exister de manière très platonique, celle des âmes en somme.

Tracy Chevalier, “La jeune fille à la perle”
Editions Folio 2002 – 313 pages

Laâbi, ex-détenu, met la plume à la plaie
Laâbi n’est près d’oublier son expérience carcérale. Le poète y revient avec la réédition d’un livre que l’on peut classer dans le genre épistolaire : « Chroniques de la citadelle d’exil ».
Paru en 1978 aux Inéditions Barbare, puis réédité en 1983 chez Denoël (Paris), ce livre vient d’être édité encore une fois aux Editions La Différence.
Il s’agit de lettres de prison, que le poète échangeait entre 1972 et 1980 avec sa femme Jocelyne. Des lettres donc personnalisées, que l’auteur a jugé utile de rendre publiques pour édifier le commun des Marocains sur une page sombre de leur histoire : les détentions arbitraires, la torture, l’humiliation que les ex-détenus ont subies dans leur chair. Un témoignage poignant contre les bourreaux d’hier, pour qui l’opinion passait pour un délit.
Né à Fès en 1942, Abdellatif Laâbi est l’un des écrivains marocains les plus importants de sa génération. Il fonde en 1966 la revue Souffles, qui a joué un rôle considérable dans le renouvellement de la culture au Maghreb. La revue est interdite en 1972 et Laâbi emprisonné. Libéré huit ans plus tard, il s’exile en France en 1985. Son œuvre plurielle (poésie, roman théâtre et essai) prend au fil des années la place première qui est la sienne.

Abdellatif Laâbi, « Chroniques de la citadelle
d’exil », Editions La Différence, 319 pages.

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