Lire

  L’âme du mal
Portland, Oregon, de nos jours. Juliette, une jeune étudiante en psychologie, est kidnappée par un tueur en série qui a pris la fâcheuse habitude de couper les mains de ses victimes, toutes des femmes, et de leur tracer un mystérieux signe cabalistique à l’acide sur le front. Au moment où le tueur s’apprête à exécuter Juliette, il est abattu in extremis par l’inspecteur Joshua Brolin, un jeune profileur de la police de Portland. Juliette et Brolin restent en contact… et sont horrifiés quand, un an plus tard, un nouveau cadavre est découvert portant exactement les mêmes mutilations. Le fantôme de Lealand Beaumont, le bourreau de Portland, s’est-il remis à l’œuvre ? S’agi-t-il d’un "copycat", ces copieurs de tueurs, rares mais extrêmement dangereux puisqu’ils s’évertuent à dépasser leur "maître" dans l’horreur ? Brolin et Juliette ne sont qu’au début de leurs effroyables surprises… Passionnant de la première à la dernière phrase, ce thriller écrit par un tout jeune libraire est un modèle de maîtrise, de suspense et de plongée dans l’horreur. Les études de criminologie de l’auteur lui ont visiblement servi à atteindre un degré de vraisemblance tout à fait remarquable.
Pas moins de 75 chapitres s’enchaînent à un rythme effréné sans laisser le moindre répit au lecteur : entre autopsies, rapports de police scientifique et de médecine légale, on visite des lieux et surtout des dérangements psychologiques absolument terrifiants jusqu’à un dénouement plus terrible encore et réellement surprenant. L’épaisseur donnée par Maxime Chattam à chacun de ses personnages est à la hauteur de ce livre ambitieux. Une grande, grande réussite dans l’univers pourtant élimé des histoires de serial killers.

Max Chattam, L’âme du mal, Pocket, 2004, 514 pages


Le temps n’est rien
Il arrive qu’un roman vous surprenne, vous réserve des plaisirs insoupçonnés, et vous envoûte, comme si son univers de papier vous happait tout entier. Le temps n’est rien produit cet effet-là. Elle (USA) : " Préparez-vous à être époustouflés : Le temps n’est rien a l’étoffe des grandes histoires d’amour qui ont marqué la littérature. " The New Yorker : " Audrey Niffenegger joue avec finesse dans sa galerie de miroirs temporels. " Publishers Weekly : " Niffenegger a créé une histoire d’amour absolue, éclairée par des dizaines de scènes finement observées. Ce livre a la saveur des richesses et des mystères de la vie. " The London Times : " Décalé, sexy, incroyable ! " The Washington Post : " Une grâce et une imagination inouïes… " Der Spiegel : " Le temps n’est rien parle de la magie des amours, de la nostalgie et de l’attente ".

Audrey Niffenegger, Le temps n’est rien, Michel Lafon, 2005, 522 pages


  Edmond Ganglion & fils
Une entreprise de pompes funèbres qui ressuscite les morts ! Il faut reconnaître que ce n’est pas banal. Pourtant, ce n’est pas grâce à un savoir-faire particulier que la maison Edmond Ganglion & fils parvient à ce résultat, c’est par incompétence.
Dans le petit village de Saint-Jean, les croque-morts n’ont pas souvent l’occasion d’exercer leurs talents. Tout périclite, les habitants s’en vont, il ne reste même plus assez de décès pour faire marcher le commerce.
D’ailleurs, Edmond Ganglion qui, soit dit en passant, n’a pas de fils, a dû licencier la moitié de son personnel, ne gardant que Georges, un vieil employé qui espère atteindre l’heure de la retraite avant la faillite, et Molo, un brave gars pas trop dégourdi. Dans la chaleur torride de l’été, ils guettent le client.
Et voilà qu’il s’en présente un. Il va être soigné, celui-là, et même ressuscité sous le choc d’un accident de corbillard. Pour son premier roman, Joël Egloff, âgé d’une trentaine d’années, choisit une veine originale, celle de l’humour noir.

Joel Egloff, Edmond Ganglion&fils, Gallimard, 2001.


Le Chercheur d’Or
"Du plus loin que je me souvienne, j’ai entendu la mer." Alors l’enfant raconte la mer qui roule depuis la nuit des temps contre la barrière de corail au large de son île Maurice natale.
Il dit aussi la terre rouge et sèche, les feuilles coupantes des cannes à sucre, les heures passées en haut de l’arbre Chalta à écouter la nuit.
Comme beaucoup de romans de Le Clézio, Le chercheur d’or est d’abord un poème, un hymne à la beauté, aux éléments et à la vie.
C’est aussi l’histoire d’Alexis et de sa sœur Laure, qui subissent le rêve fou de leur père : retrouver l’or du Corsaire, caché à Rodrigues.
Mais l’or est en réalité en chacun de nous, ne demandant qu’à mûrir loin des utopies et des illusions.
L’amour, puis la guerre de 14-18 qu’il rejoint en France, initient Alexis à cette vérité.
Célébrée en 1963 par le prix Renaudot pour Le Procès-verbal, puis en 1980 par le Grand Prix Paul-Morand décerné par l’Académie française pour Désert, la plume de Le Clézio s’affine encore ici, dans la droite lignée des romans d’apprentissage.
Jean Marie Gustave Le Clézio, Le chercheur d’Or, Gallimard, 1988, 375 pages

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *