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Voyage à Rome
Pierre Grimal, dans Voyage à Rome, se fait pour nous ce "flâneur urbain" si cher à Walter Benjamin. Celui que les Romains nommèrent en 1993 "citoyen d’honneur de Rome" ne fut pas, en effet, seulement le grand historien qui dépeignit et pensa la Rome antique dans une somme impressionnante d’ouvrages, il fut aussi l’arpenteur et le contemporain de la ville d’aujourd’hui. Voyage à Rome se présente comme un " itinéraire ", au double sens de parcours intellectuel et de promenade : les textes de Pierre Grimal réunis ici, avec une foule d’inédits, sont une invitation à la promenade au gré des chapitres successifs de l’histoire de la Ville Eternelle, mais aussi à la distraction, à la flânerie et à l’amour. Dans le guide donné en annexe, Pierre Grimal revisite aussi les lieux et les monuments, les fontaines, les jardins et les églises qui l’ont émerveillé et orienté. Sans se vêtir, comme un Suarès, de révérence musquée, il nous introduit comme nul autre, par une mise en jeu du corps dans l’histoire, au devenir historique de la cité, à travers les plus grandes choses comme dans les plus minuscules détails, tels les carafes au col largement ouvert où l’on sert le vin blanc de Frascati ou les fameux gelati, héritiers du premier sorbet inventé par Néron. Il donne à chaque pierre, à chaque moment de l’histoire leur épaisseur sensible avec cette élégance qui lui est propre et rend la connaissance joyeuse et fécond.

Pierre Grimal, «Voyage à Rome»,  Robert Laffont , 954 pages, 2004


Le temps où nous chantions
En 1939, lors d’un concert de Marian Anderson, David Strom, un physicien juif allemand émigré aux Etats-Unis pour fuir les persécutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley. Ils se marient et élèvent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la musique, de l’art, de la science et de l’amour universel, préférant ignorer la violence du monde autour d’eux. Cette éducation va avoir des conséquences diverses sur les trois enfants. Jonah devient un ténor de renommée mondiale, Ruth va rejeter les valeurs de sa famille pour adhérer au mouvement de Black Panthers, leur frère Joseph tentera de garder le cap entre l’aveuglement des uns et le débordement des autres, afin de préserver l’unité de sa famille en dépit des aléas de l’histoire. Avec des personnages d’une humanité rare, Richard Powers couvre dans cet éblouissant roman polyphonique un demi-siècle d’histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique. Le Temps où nous chantions a été élu meilleur livre de l’année par The NewYork Times et TheWashington Post.
Richard Powers est né en 1957. Après Trois fermiers s’en vont au bal (le cherche midi, 2004) Le Temps où nous chantions est son deuxième roman publié en France.

Richard Powers, «Le temps où nous chantions», Le cherche midi,  765 pages, 2006


Le procès des étoiles
Récit d’un voyage extraordinaire et véridique à travers l’Amérique du Sud du milieu du XVIIIe siècle. Pierre Bourger, mathématicien et astronome, Louis Godin, mathématicien, Joseph de Jussieu, médecin et naturaliste, Charles de la Condamine, géographe, membres de l’Académie royale des sciences de Paris entreprennent en 1735 un voyage au Pérou et en Équateur pour mesurer un arc du méridien terrestre. Véritable découverte d’un pays étrange, cette expédition est marquée par la méfiance qu’ils inspirent aux colons espagnols – ils sont soupçonnés d’être des espions -, et l’accueil exceptionnel des créoles. Au fil des pages, les mythes se désacralisent d’eux-mêmes. Le bon sauvage adulé en Europe est exploité corps et sang et leur mission idéaliste et courageuse s’avère être un calvaire. Ces savants vont peu à peu s’entre-déchirer. Jalousie, folie, passion, rupture avec l’Académie des sciences… Finis les rêves, l’expédition se transforme en cauchemar. Document passionnant, ce récit rend compte de manière admirable de cette folle aventure.

Florence Thrystram, «Le procès des étoiles», Payot, 329 pages, 2001


Marocains de l’extérieur et développement
La Fondation Hassan II pour les Marocains résidents à l’étranger vient de publier une étude sur l’investissement des Marocains résidents à l’étranger. Cet ouvrage a été réalisé avec le concours du chercheur  Fouad Sefrioui. L’auteur analyse cas par cas l’apport des Marocains résidents à l’étranger dans les pays d’acceuil et dans leurs pays d’origine. Une des composantes de ces apports c’est le transfert de fonds vers le Maroc. Cet ouvrage se veut être en premier lieu, un outil au service de la communauté marocaine de l’extérieur en même temps qu’une grille d’analyse et un tableau de bord pour les acteurs professionnels institutionnels public et privé.

Fouad Sefrioui, « Marocains de l’extérieur et développement », Fondation Hassan II, 166 pages

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