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Plantes médicinales au Maghreb et soins de base
Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, la phytothérapie est utilisée depuis toujours dans le secteur de la médecine traditionnelle. Les pharmacopées régionales s’inspirent principalement de la médecine arabe classique et de l’expérience locale des populations en matière de soins. Elles reflètent à la fois l’histoire des Maghrébins et les spécificités de leur environnement naturel. Aujourd’hui les plantes jouent encore un rôle très important dans les traditions médicales et la vie des habitants de cette région du monde, mais les règles de leur utilisation manquent parfois de rigueur et ne tiennent pas compte des nouvelles exigences de la thérapeutique moderne. Cet ouvrage se propose de codifier l’emploi d’un certain nombre de plantes médicinales qui pourraient être utilisées valablement au Maghreb pour contribuer à assurer une couverture minimale en soins de base. Certains usages développés ici sont connus de la tradition, d’autres ne le sont pas bien que les ressources végétales soient disponibles localement, dans leur milieu naturel ou dans les circuits commerciaux habituels. Les espèces décrites ont été sélectionnées selon des critères rigoureux d’efficacité, de disponibilité locale et d’innocuité pour les utilisateurs, en tenant compte des avancées les plus récentes dans le domaine de la pharmacologie. C’est dans cet esprit de rationalisation des usages que 178 plantes médicinales ont été retenues dans cet ouvrage pour servir dans les soins courants au Maghreb.

Jamal Bellakhdar «Plantes médicinales au Maghreb et soins de base », Le fennec, 386 pages, 2006, 240 pages


L’âme Seule
Ce que j’apprends de Daniel Cordier, c’est qu’un homme libre trouve naturel que tout le monde le soit. La preuve, il est venu me chercher. Jamais je ne retournerai à l’orphelinat. Sur les Champs-Elysées, parfois, je repère deux garçons en cavale, je les identifie à leurs épaules rentrées, à leurs yeux vifs et sournois guettant la tuile, la merde. Alors, je change de trottoir. Toujours ils resteront ce qu’ils sont, à chercher les coups et les caresses, sans rien au fond des yeux. Moi aussi, je resterai comme ça, mais ce sera mon secret.
Matricule 764, Citoyen, Bâtard, l’âme seule, Petit Frère, tous ces noms ont été ceux d’Hervé Vilard : tel est le sort d’un enfant livré à l’Assistance publique. De placement en placement, il traverse trois France; celle des paysans, celle des prêtres et celle des résistants. Sa place, bien sûr, il ne la trouve nulle part. Adolescent en cavale, il s’échappe du Berry pour le Pigalle des années soixante, il passe des travaux des champs aux vernissages de Klein, des centres de redressement à l’obscurité des Cinéacs, du Dépôt à un appartement pourri de chic, des bras de Fleur de Pâques aux déjeuners avec Malraux… Un jour, pourtant, il lui faudra surmonter cette vie d’arrachements. Se battre, chanter, avec la peur d’aimer. Et c’est ainsi qu’Hervé Vilard est grand.

Hervé Vilard «L’âme Seule », Fayard, 2006, 385 pages


Une vie divine
D’emblée, la citation de Nietzsche, placée en exergue du livre, donne le ton, puisqu’elle met en valeur l’idée de bonheur. Car ce sont bien des promesse de vie et de bonheur que recèle ce roman qui s’élève contre le nihilisme contemporain. Contre, aussi, la littérature de l’impasse, du malheur et de la mélancolie. Car ce texte à contre-courant est aussi en rapport avec l’actualité la plus directe… Le narrateur, professeur de philosophie, s’est vu confier un projet ambitieux par une institution internationale : réfléchir à une philosophie mondiale. Libre à lui de mener ce travail comme il l’entend, à une seule contrainte près : ne pas évacuer la dimension religieuse de l’humanité.
Au fil de ses recherches et de ses discussions avec les deux femmes de sa vie, Nelly l’étudiante en philosophie, cérébrale et réfléchie, et Ludivine la frivole qui ne pense qu’à la mode au point d’en faire son métier, le narrateur va découvrir qu’un seul penseur se montre assez solide pour fonder un projet de philosophie mondiale : Nietzsche. Mais un Nietzsche débarrassé des oripeaux dont on a cru bon, par la suite, d’affubler sa pensée jusqu’à la falsifier. Livre politique et roman philosophique, Une vie divine est aussi un texte grave et drôle sur la possibilité – la nécessité, même – d’être heureux.

Philippe Sollers «Une vie divine», Editions Gallimard, 524 pages, 2006


Une si douce impatience
«Le silence et l’obscurité. Enfin ! C’est ainsi que, dès l’enfance, je m’étais imaginé d’habiller un jour le bonheur. Je n’ose y croire. Il est si tard en cet automne où mon âge a jauni. Le tumulte en moi semble s’être retiré. L’esprit à marée basse ne demeure que la vase des souvenirs. Ces clowns blancs de la mémoire. Et ces visages épinglés dans mes yeux tels des papillons aux ailes enfin orphelines. Est-ce un armistice avec mes sens ? Je me sens presque bien. Détendu. Soulagé d’un poids qui n’était pas mien. La curiosité l’emporte bientôt sur la passivité. Mes mains furètent au hasard, s’égarent et se heurtent partout à des parois en bois. Peaux desséchées sur lesquelles mes ongles glissent sans arriver à s’accrocher. Une cellule en pente douce. Je suis cerné. Surtout ne pas se débattre. Refuser de singer l’Homme et ses stériles agitations. Tout horizon n’est qu’un cul-de-sac. Une oasis en carton-pâte. Un décor de cinéma. Du fond de son cercueil, le narrateur, personnage d’un certain âge, misanthrope, cynique, et qui a une passion pour la boisson, sait qu’il lui reste une heure à vivre. Suspendu entre la vie et la mort, les souvenirs vont bon train. Il voit défiler devant lui les êtres qui ont animé sa vie.

Pierre Dacheline «Une si douce impatience », Editions Flammarion,  2006, 200 pages

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