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A la vitesse de la lumière
Dans une université américaine, un écrivain débutant, qui pourrait s’appeler Gerças, se lie d’amitié avec un vétéran du Vietnam anéanti par le poids de son passé. A son retour en Espagne, le succès de l’un de ses romans le propulse soudain au firmament et, gorgé de suffisance, il ne sait pas voir qu’il a perdu son âme. Un drame se produit auquel, peut-être, il faudrait survivre. Aux portes de l’enfer, qui s’ouvrent béantes sur le mépris de soi et le désir de mort, il unit son destin à celui de l’ami américain. Dans une impunité souveraine, l’un a ressenti la jouissance de tuer sans raison, l’autre a connu le vertige d’abuser de son piètre pouvoir. A la vitesse de la lumière, ils se sont pris pour des dieux pour se retrouver, brisés, dans ce sentiment archaïque et latent qu’est la culpabilité. Dès lors, seul raconter l’un peut sauver l’autre. Si Javier Gerças pointe notre capacité illimitée à faire le mal et l’effroyable nature de la guerre et du succès, il établit surtout le pouvoir de la littérature pour affronter toutes les réalités du monde. Javier Cercas est né à Caceres en 1962, il enseigne la littérature à l’université de Gérone. Il est l’auteur de quatre romans, de plusieurs recueils de chroniques, et de récits. A la vitesse de la lumière est en cours de traduction dans une vingtaine de langues. Actes Sud a publié Les Soldats de Salamine (2002 et Babel n° 621) et A petites foulées.

Javier Cercas, « A la vitesse
de la lumière »,
Actes Sud, 285 pages, 2006


Ronde de nuit
Londres, 1947. Quel fantôme du passé hante Helen qui subit, désemparée, le lent délitement de sa liaison interdite avec Julia, une jeune auteur à succès rencontrée pendant la guerre? Pour quelles raisons Kay, une ancienne héroïne du Blitz, erre-t-elle désormais, inconsolable, dans les rues de la ville? Pourquoi Viv, une jeune femme douce et glamour, ne parvient-elle pas à quitter son amant, un ancien soldat marié et père de famille? Quel secret cache Duncan, l’intrigant petit frère de Viv, en se réfugiant dans le monde de l’enfance et en refusant tout échange avec l’extérieur? Remontant le cours des vies de ces quatre personnages jusqu’aux terribles mois du Blitz, Sarah Waters distille peu à peu les événements et les sentiments qui unissent Kay, Helen, Viv et Duncan, eux que rien ne semble devoir lier dans ce triste Londres d’après-guerre, si ce n’est la difficulté à surmonter le souvenir des privations et des souffrances endurées. Ce faisant, elle plonge le lecteur dans un jeu de piste palpitant aux multiples rebondissements, car la guerre semble avoir façonné d’étranges alliances…
Sarah Waters est née en Grande-Bretagne en 1966. Après des études de littérature anglaise, elle se consacre à l’écriture et rencontre rapidement un large succès avec Caresse le velours, Du bout des doigts, puis avec Affinités. Ronde de nuit est son quatrième roman paru chez Denoël.
Sarah Waters « Ronde de nuit »,
Denoël, 591pages, 2006 


La faute à Fidel
Nous sommes en 1968, Ottavia, huit ans, vit insouciante dans une famille heureuse : un père ingénieur issu de la haute bourgeoisie espagnole et une mère d’origine américaine. La fillette passe ses vacances chez sa grand-mère, proche du général Franco. Quand l’oncle Quino, activiste communiste, est arrêté, le père d’Ottavia devient syndicaliste. Cette radicalisation, à l’image de celle qui bouleversa la société italienne dans ces "années de plomb’", fait chavirer l’existence de la petite fille, ballottée entre des discours contradictoires. A qui la faute ? Elle n’arrive pas à savoir qui, de Fidel ou de Franco, est le vrai méchant. Victime des remous politiques qui viennent détruire l’harmonie familiale, Ottavia pointe une incohérence chez ces adultes qui œuvrent pour un monde meilleur au détriment de leurs proches. Le ton malicieux et sans concession de Domitilla Calamai apporte un précieux contrepoids au glorieux esprit militant des années 1968-1970. Domitilla Calamai, diplômée de l’Académie nationale d’art dramatique Silvio D’Amico, est journaliste. Elle a publié un essai et une nouvelle. La Faute à Fidel, son premier roman, a été adapté au cinéma par Julie Gavras.

Domitilla Calamai, « la faute à Fidel »,
Actes Sud, 144 pages, 2006


Panique
Tout va pour le mieux pour Evan Casher : sa carrière de documentariste est en train de décoller et il file le parfait amour avec Carrie. Jusqu’au jour ou sa mère lui demande de venir la retrouver toutes affaires cessantes. Lorsqu’il arrive chez ses parents, sa vie bascule : il trouve sa mère sauvagement assassinée et échappe de peu à un meurtre. Poursuivi par les mystérieux assassins de sa mère et ne pouvant faire confiance à personne, Evan découvre peu à peu que beaucoup de choses dans sa vie ne sont que mensonges. Il s’engage alors dans une quête périlleuse pour découvrir la vérité sur lui-même et sur son passé afin de se réapproprier la vie qu’on lui a volée. Les coups de théâtre et les rebondissements s’enchaînent à un rythme étourdissant dans ce roman qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page et qui impose d’emblée Jeff Abbott comme le nouveau maître du suspense. Jeff Abbott est né à Dallas. Licencié en histoire et en lettres, il consacre tout son temps à l’écriture. Panique est son premier roman publié en France. Il vit à Austin avec sa femme et ses deux enfants.

Jeff Abbott, «Panique »,
Le Cherche midi, 420 pages,2006

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