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Ecoute ma voix
Susanna Tamaro, «écoute ma voix», Plon, 2006

La petite-fille rebelle et lointaine de «Va où ton coeur te porte» est de retour à la maison. C’est elle cette fois-ci qui écrit à sa grand-mère, et à nous, évoquant ses souvenirs, ses inquiétudes, cette rancoeur sourde qu’elle éprouve pour la femme qui l’a élevée et aimée. Surtout, elle avoue le besoin de chercher les traces des seules personnes qu’elle aurait vraiment voulu connaître : son père et sa mère. Pour cette raison, elle explore la villa de sa grand-mère et arrive jusqu’au grenier. A travers des lettres et des photos éparpillées, elle parvient à reconstruire le puzzle de la vie de ses parents défunts, un chemin nécessaire à sa propre reconstruction. «Ecoute ma voix» marque le grand retour au roman de Susanna Tamaro. C’est une histoire intense qui aborde des sujets éternels : le besoin de se reconnaître dans un passé afin de fonder ses racines, la nécessité vitale de cultiver patiemment de quoi donner un sens à l’avenir. Susanna Tamaro est l’auteur de 15 ouvrages, traduits dans 43 langues. Son roman le plus célèbre, «Va où ton coeur te porte», s’est vendu à plus de 5 millions d’exemplaires à travers le monde. Une rose frappe la vue, l’odorat, mais ensuite on la coupe, elle se retrouve dans un vase et, enfin, dans les ordures. L’arbre aimé, en revanche, plante autour de notre coeur des racines et qui, lorsqu’il meurt,  laisse, en guise de souvenir, des cicatrices minuscules, mais indélébiles.

Tworki
Marek Bienczyk, « Tworki », Editions Denoel, 2006

Jurek, un jeune rêveur passionné de poésie, s’installe à Tworki, un hôpital psychiatrique à quelques kilomètres de Varsovie où il vient d’être embauché. De lui, de son histoire, nous ne savons rien ou presque : tout juste partage-t-il avec nous son goût des lettres, tout juste apprenons-nous qu’il aime éperdument Sonia, une de ses collègues. Tout juste savons-nous que Sonia aime Olek, l’ami de Jurek, et que celui-ci se console auprès de Janka, elle aussi employée à l’asile. Ces jeunes gens se croisent, s’aiment, parlent d’amour et de littérature, partagent le quotidien des patients. Puis peu à peu, l’opacité du texte laisse place au doute. Les indices se multiplient et le lecteur comprend page après page, sans que rien ne soit explicitement nommé, que le monde extérieur est en train de sombrer dans une folie bien plus noire que celle qui règne entre les murs de l’asile. C’est ce monde indicible, ce monde de crime et de perte que l’auteur laisse subtilement filtrer au travers de la narration, jusqu’à la fin tragique. Marek Bienczyk est né en 1956 : écrivain, auteur d’essais, traducteur de «Kundera», de Barthes et de «Cioran an polonais», il est l’un des auteurs les plus remarqués de sa génération. «Tworki» est son troisième roman, le second traduit en français. 

Journal d’Hier et d’aujourd’hui
Madelaine Chapsal, «Journal d’hier et d’aujourd’hui», Editions Fayard, 2006, 400 pages

Depuis mes quinze ans, je tiens mon Journal. Pas tous les jours, par à-coups, en cas de crise, quand le flot émotionnel déborde ou pour exprimer ce que je n’ose alors dire à personne et que je n’introduis dans mes romans que sous la forme discrète de la fiction. J’ai tout conservé, dans des cahiers, des dossiers, sur l’ordinateur… En relisant cette « Histoire de moi »,- ce pourrait être le titre de ce monceau d’écrits – je me suis aperçue de l’évolution : au début, je ne parle que de mes problèmes intimes, mais à mesure qu’ ils se résolvent – en particulier par l’analyse – et plus j’avance en âge, plus je m’intéresse à autrui. Aux faits du monde extérieur, à mes rencontres, aux anecdotes… Comme tout le monde, comme tout écrivain ! Ce qui m’a donné envie d’en soumettre des extraits à Claude Durand, lequel m’a aussitôt dit vouloir publier. Tel quel : pages d’hier suivies de pages d’aujourd’hui. Avec leurs hésitations, excès, imperfections, enfantillages, férocités… Certes, c’est prendre un risque que se dévoiler ainsi, sans mise en scène, on peut dire : sans maquillage ! Mais tout écrivain ne doit-il pas vivre dans le risque ?

Pour un jour de plus
Mitch Albom, «Pour un jour de plus », Edith Soonckint, Oh Editions, 2006

«Avez-vous jamais perdu un être cher à qui vous auriez voulu dire encore quelque chose ?»  Après «Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut», vendu à plus de 5 millions d’exemplaires, Mitch Albom revient avec un roman aussi troublant qu’émouvant.  Charley, la cinquantaine, veut mettre fin à ses jours après une vie qui l’a déçu. Au moment où il va s’abandonner, il revoit sa mère, morte huit ans auparavant, qui l’attend dans la maison de son enfance. La chance inouïe leur est offerte d’une dernière conversation, celle qu’ils n’ont jamais pu ou jamais osé entamer. Avec sa mère, Charley va pouvoir revenir sur le passé, se libérer du poids des secrets de famille, rechercher le pardon, et ainsi se retrouver.  «Pour un jour de plus» est l’histoire bouleversante et si juste d’une mère et de son enfant, et de leur relation, la seule qui dure toute la vie et même par-delà la mort.  «Pour un jour de plus vous fera sourire, il vous fera pleurer aussi, mais, surtout, il vous montrera l’éternel pouvoir de l’amour d’une mère.»

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