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Les roses noires
A.B Daniel, «Les roses noires», Edition XO, français, 2007

Au printemps 1906, les roses qu’Éliette cueille dans le coron de Courrières sont noires. Noires comme la fumée qui jaillit des fosses le 10 mars où, en quelques secondes, le grisou ravage la mine et tue plus de 1 000 hommes. Noires comme le labyrinthe de galeries où se débattent pères et fils, enfants et camarades, une poignée de survivants qui ne se résout pas à la mort. Pendant vingt jours, ils luttent à 300 mètres sous terre contre l’engloutissement, la faim, la soif et la nuit. Avalés par le monstre qu’est devenue la " sale bête de mine ", l’ingénieur Gabriel Leclerc, comme les mineurs Rabisto, Ricq, Lido ou Braind’amour, compagnons d’épouvante, se muent en héros fraternels, offrant le meilleur de ce que l’homme peut accorder à son prochain. Mais dessus aussi, contre l’immensité de l’horreur et l’abandon à la fatalité, chacun fait le choix de la solidarité. La belle Éliette, Marthe, la troublante Héloïse, les milliers de femmes des corons espèrent le retour de leurs hommes avec la rage de la vie dans le ventre. C’est à ces hommes et ces femmes magnifiquement humains que ce roman est dédié. Un roman d’une force exceptionnelle, où le lecteur tremble, rit et pleure, à l’unisson avec les héros de cette aventure extraordinaire. Jean-Daniel Baltassat se livre, sous le pseudonyme d’A.B. Daniel, à sa gourmandise romanesque pour les grandes sagas historiques et populaires (Inca, Reine de Palmyre, chez XD Éditions), tandis qu’il goûte sous son nom à d’autres plaisirs littéraires (Le Valet de Peinture, Robert Laffont 2005).

L’analyste
John Katzenbach, «L’analyste », Pocket, 2007, 658 pages

Heureux 53e anniversaire, docteur. Bienvenue au premier jour de votre mort. " Lorsque lui parvient cette mystérieuse lettre de menace, l’existence jusqu’alors prévisible du docteur Starks bascule dans le chaos. Ce psychanalyste à succès se trouve subitement entraîné dans un jeu morbide conçu par l’homme qui se fait appeler Rumpelstiltskin, comme le mauvais génie du conte des frères Grimm. Les règles sont simples : Starks dispose de deux semaines pour identifier Rumpelstiltskin et les raisons de sa colère. S’il y parvient, aucun mal ne lui sera fait. Mais en cas d’échec, l’inconnu tuera l’un après l’autre les proches du docteur, jusqu’à ce qu’il accepte de se donner la mort… Américain, John Katzenbach a longtemps été chroniqueur judiciaire pour des quotidiens et des magazines tels que le Miami Herald ou le Miami News. Cette expérience lui a inspiré de nombreux romans à succès – notamment L’affaire du lieutenant Scott (Presses de la Cité, 2001) et Une histoire de fous (Presses de la Cité, 2005) – dont plusieurs ont été adaptés par Hollywood comme Un été pourri avec Kurt Russell et Juste Cause, avec Sean Connery. L’analyste (Presses de la Cité, 2003) a reçu le Grand Prix de Littérature Policière en 2004. John Katzenbach vit aujourd’hui dans le Massachusetts.

En attendant la suite
Laurent Malet : «En attendant la suite », Le cherche midi, 2007

Laurent Malet a tourné sous la direction des plus grands réalisateurs, mais il n’évoque ici sa carrière qu’en toile de fond d’un livre dont le personnage central est sa mère Florence. Axe autour duquel lui et son frère jumeau Pierre avaient bâti leur enfance, telle une forteresse inexpugnable, au soleil du Midi de la France. C’est cette enfance solaire qui éclaire en contrepoint le crépuscule de la vie de leur mère, atteinte d’un cancer. Albert Cohen a eu raison d’écrire que les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. Les jumeaux monteront la garde auprès de leur mère pour l’escorter jusqu’au bout de son combat contre la maladie et accomplir le plus bel acte d’amour qui soit, libérer celle qu’ils aiment de ses souffrances. Récit pudique et émouvant, En attendant, la suite est à la fois un hymne à l’enfance et un chant d’amour à une mère disparue. Laurent Malet est comédien. II a été dirigé, notamment, par Claude Chabrol, Patrice Chéreau, Jacques Demy, Rainer W. Fassbinder, Joseph Losey et Andrzej Wajda.

Objectif : Pôle Nord de nuit
Mike Horn, «Objectif : Pôle Nord de nuit», – 2007, 237 pages

Devant nous s’ouvre la bouche de l’enfer. Une nuit sans fin, des abysses de froid où aucun être humain ne peut survivre… où nul ne s’est jamais aventuré. Un gouffre aveugle et terrifiant. Il n’y a rien que les ténèbres et l’eau noire, prêtes à nous engloutir si nous sommes assez présomptueux – ou assez fous – pour faire un pas de plus. Mike Horn tente l’aventure la plus dangereuse de sa vie : rallier le pôle Nord en hiver, sans assistance ni ravitaillement. Deux mois de traversée dans un noir total, sur une glace d’une redoutable minceur, hantée par les ours blancs, où les montagnes de blocs géants alternent avec les étendues d’eau noire et glacée. Parce que personne ne peut réussir cet exploit en solitaire, ils sont deux : Mike, l’explorateur de tous les défis, et Borge Ousland, le légendaire Norvégien pour qui la banquise n’a pas de secrets. Comment ces deux aventuriers de l’extrême vont-ils survivre dans cet environnement hostile et inhumain où l’on flirte perpétuellement avec la mort, où chaque mètre gagné est un combat contre les éléments, où la vie de l’un est en permanence entre les mains de l’autre ? En repoussant toujours plus loin leurs propres limites, Mike Horn et Borge Ousland sont devenus les premiers à réussir l’impossible. Né en 1966 à Johannesburg, en Afrique du Sud, Mike Horn a descendu l’Amazone à la nage, fait le tour du monde en suivant la ligne de l’Equateur, aventure qu’il relate dans Latitude zéro (XO Editions, 2001). Il a également fait le tour du cercle polaire arctique à pieds, exploit qu’il raconte dans Conquérant de l’impossible (XO Editions, 2005).

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