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François Bayrou : Projet d’espoir
François Bayrou, « Projet d’espoir», Edition Plon, 2007

C’est un projet qui s’appelle Espoir. Un projet et pas seulement un programme. Car un programme électoral, c’est trop souvent un catalogue de promesses disparates dont le seul but est de séduire des électeurs. «Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent… », disent les cyniques. Avec autant de déceptions au bout. Un projet, c’est plus profond. C’est une vision. Cela parle d’un pays, de son destin. D’un pays, c’est-à-dire d’un peuple et de ses valeurs. Et du chemin qu’il doit suivre pour être heureux, pour être grand, pour être reconnu, pour se reconnaître. À la veille de l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou apparaît comme celui qui peut changer le destin politique de notre pays. Il dit : « Nous traversons une crise comme nous n’en avons pas rencontré depuis cinquante ans. Pour sortir de cette crise, il faut bousculer les vieux clivages, imposer un projet d’espoir, qui rassemble au lieu de diviser».  Ce livre est celui des idées claires pour la France. Des idées de réforme concrètes et réalisables, mais plus encore des orientations qui réunissent un pays et lui permettent de trouver son chemin. François Bayrou est né en 1951 dans les Pyrénées. Agrégé de Lettres, auteur de nombreux ouvrages historiques et politiques, député des Pyrénées-Atlantiques, président de l’UDF, il est candidat à l’élection présidentielle.

Aux frais de la princesse : Enquête sur les privilégiés de la République
Yvan Stephanovitch, «Aux frais de la princesse : enquête sur les privilégiés de la République »,
Jean Claude Lattés, 2007

Héritiers de privilèges d’un autre âge, ils occupent, aux frais de la princesse, des adresses de rêve, cumulent salaires, primes et indemnités, vivent aux crochets d’un Etat, certes républicain, mais d’essence monarchique, voire féodale. Qui sont ces nantis ? Au nom de quoi bénéficient-ils de cet art de vivre si délicieusement français ? Comment en font-ils usage ? Comment l’extrême centralisation du pouvoir contribue-t-elle à réunir dans les mains d’une seule personne les clés de 6 000 postes de dirigeants des ministères, des grands services publics ou des sociétés nationalisées ? Impossible de comprendre la France d’aujourd’hui et les enjeux des réformes qui s’imposent sans lever le voile sur les avantages attachés au statut des grands corps de l’Etat et de 15 000 hauts fonctionnaires qui constituent le vivier des grands commis de la République, sans se référer au contexte historique dans lequel s’inscrivent ces faveurs.
L’affaire Gaymard ? Un point de détail… Journaliste d’investigation, Yvan Stephanovitch est 1’auteur de Un assassin au-dessus de tout soupçon (1984), Affaires très spéciales (1986), L’Empire de l’eau (2004), ainsi que, avec Jean-François Probst, de Chirac et dépendances.

Un roman Russe
Emmanuel Carrère, «un roman russe», Editions POL, 2007, 356 pages

La folie et l’horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j’ai écrits ne parlent de rien d’autre. Après L’Adversaire, je n’en pouvais plus. J’ai voulu y échapper. J’ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête. Celle-ci portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l’automne 1944 et, très probablement, a été exécuté pour faits de collaboration. C’est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j’ai suivi des chemins hasardeux. Ils m’ont entraîné jusqu’à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu’il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l’horreur me rattrapaient. Elles m’ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J’ai écrit pour la femme que j’aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et notre amour. C’est de cela qu’il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s’y prend pour nous répondre.

Chroniques de l’oiseau à ressort
Haruki Marukami, «Chroniques de l’oiseau à ressort», Editions Seuil 2004

Un chat égaré, une inconnue jouant de ses charmes au téléphone, des événements anodins suffisent à faire basculer la vie d’un jeune chômeur, Toru Okada, dans un tourbillon d’aventures. L’espace limité de son quotidien devient le théâtre d’une quête sans cesse renouvelée où rêves, réminiscences et réalités se confondent. Aucune frontière, physique ou symbolique, ne résiste à l’effervescence des questionnements qui s’enchaînent au rythme de rencontres déroutantes, chacune porteuse d’un secret, d’une fragilité propre. Haruki Murakami (La Course au mouton sauvage, La Ballade de l’impossible) tente de nous donner à voir la part d’ombre des choses et des êtres. Replaçant la méditation bouddhique dans la violence contemporaine du japon ou d’ailleurs, il se propose d’explorer nos ténèbres intérieures. Sans se départir d’un humour où perce la détresse, il emmène le lecteur dans un monde fantastique où, toujours plus fuyante, la réalité n’en devient que plus envoûtante. Haruki Murakami, né à Kobé en 1949, a étudié la tragédie grecque et dirigé un bar de jazz à Tokyo, avant de se consacrer totalement à l’écriture. Traducteur de Fitzgerald, Irving et Chandler, il rencontre le succès dès son premier roman paru au japon en 1979. En France, les Editions du Seuil ont publié, entre autres, La Ballade de l’impossible (1994), Danse, danse, danse (1995) et L’éléphant s’évapore (1998).

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