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La Simiya, science et magie des lettres

«Science opérative des lettres arabes », « science des pouvoirs secrets des lettres »…Différentes appellations sont associées à cette discipline traditionnelle : « îlm al-hrouf, îlm al-bast, jafr… » Des termes comme Simiya, Laymiya, Kaymiya sont en rapport avec cette science. Tout un courant intellectuel et ésotérique dont les origines remontent au soufisme du Moyen Age et auquel des auteurs comme Ibn Arabi, Jabir Ibn Hayane et Al-Bouni ont réservé des écrits et des œuvres entières. Selon Al-Bouni : « les secrets divins, les réalités subtiles et denses, les entités d’en haut, celles d’en bas et celles des mondes angéliques sont de deux catégories : les nombres et les lettres… »       Des auteurs, comme
Al-Bouni, qui recherchaient une élévation de la conscience par la connaissance secrète des lettres et des noms divins utilisaient également des procédés pratiques basés sur la puissance des lettres et des formes de magies comme les talismans et les carrés magiques. Un système divinatoire entre la géomancie et la science des lettres permet de prédire des événements (d’ordre politique, économique ou sentimental) concernant l’avenir d’une personne ou d’une communauté. Il ne faut cependant pas réduire cette noble science qu’est la Simiya à une de ses applications les plus basses et confondre «les secrets des lettres » avec « la manipulation des lettres ».

La Simiya, science et magie des lettres
Ben Rochd Er Rachid – Edition Dechra, 2008   


Victoire partagée

Songeant que Fouzia en arabe signifie « victoire », Salim Jay, alias Aladin, engrange une histoire de couple, avec ses aléas, dans le milieu des intermittents du spectacle. Les mots mènent l’auteur par le bout du nez, l’entraînent et orientent les périples du couple à hue et à dia. Il arrive que le narrateur se grise d’être trompé au profit du directeur du Centre national de recherches sur les zones érogènes, qu’une représentation de tu ne traverseras pas le détroit( un précédent livre de Salim Jay) soit programmé au Festival d’Avignon ou encore qu’un Italien désemparé soit arraché aux eaux de l’Arno par un Marocain sans droits. Les uns et les autres s’affrontent entre amour et dédain, non sans éclats de rire. Né en 1951 à Paris d’un père marocain et d’une mère française, Salim Jay est l’auteur d’ouvrages comme le Dictionnaire des écrivains marocains et de romans dont L’oiseau vit de sa plume, Tu ne traverseras pas le détroit et, à la différence, La semaine où madame Simone eut cent ans et Embourgeoisement immédiat. Son portrait du géniteur en poète officiel reparaît dans la collection «  Minos ». 
     

Victoire partagée – Salim Jay 
éditions de la différence, 2008 

     


Quand partent les cigognes

Avec la même verve que les conteurs qui, jadis, avaient l’art de captiver les spectateurs dans les halqas, sur la place de Bab Sidi Abdelouahab, à Oujda, Ali Amraoui raconte, avec un humour en demi-teinte, les tribulations de Majid, sa famille et leurs fréquents déménagements. L’auteur en profite pour dessiner une galerie de portraits de personnages pittoresques. Le récit, qui prend par moments l’allure d’une chronique sociale, est une promenade à travers le Maroc oriental, Oujda en particulier, vu à travers les yeux de Majid enfant, puis adolescent. L’histoire, qui s’étale sur une période de 12 ans, commence avec l’indépendance du Maroc, en 1956, à Jérada, ville du charbon, et se termine à Oujda, en juin 1968.

Quand partent les cigognes  – Ali Amraoui
Edition L’harmattan, 2007 

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