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Lettres d’Agathe

Agathe écrit à sa mère, morte depuis longtemps, et retrace leur douloureuse relation faite de silence, d’indifférence et surtout d’incompréhension durant son enfance. Alors qu’elle se croyait – à tort – libérée de son ressentiment, la jeune fille raconte ce que fut sa vie après la mort de sa mère : les années passées à se construire une identité, la difficulté de nouer des relations proches, son refus d’avoir, à son tour, des enfants. Et comment elle en est revenue à interroger ses souvenirs, ses proches sur la femme fermée et sans passé que fut sa mère. « Lettres d’Agathe » arrive à très vite capter l’attention du lecteur, impressionné par la justesse du ton et la singularité de ce récit. Le récit est découpé en trois lettres d’Agathe, trois textes chronologiques qui s’immiscent entre une mère et sa fille, pour mettre le doigt sur ce que la fillette vit comme une anomalie : sa mère ne l’aime pas. Agacée, suppliante, désespérée, distante, vengeresse, blessée, Agathe passe par toute une palette de sentiments, parfaitement rendue par le pinceau de Nathalie Ferlut, qui sait recréer, par son jeu sur les couleurs, la complexité des émotions de son personnage. Complexité densifiée par l’évolution d’Agathe qui, adulte, perce le secret de sa mère. Sans jamais sombrer dans le larmoyant, cet album parvient néanmoins à rendre palpable les doutes et la souffrance de la fille rejetée. Certaines scènes, comme celle des premières règles d’Agathe, possèdent une force étonnante, reposant sur des mots simples, bien choisis, et des graphismes sans effets superficiels. « Lettres d’Agathe » allie la force d’une histoire intime et poignante à une grande maîtrise narrative, au profit d’un sujet atypique, ici parfaitement traité.

Lettres d’Agathe
de Nathalie Ferlut – Éditions Delcourt, 2008


Le Pays des marées

Les îles sont la lisière du tissu de l’Inde, la frange déchiquetée de son sari. Quand les marées créent de nouvelles terres, des mangroves surgissent du jour au lendemain. Une mangrove est un univers en soi, complètement différent de la jungle et autres forêts. On n’y trouve ni arbres immenses cernés de lianes, ni fougères, ni fleurs sauvages, ni singes, ni perroquets caqueteurs. Les feuilles des palétuviers sont dures et coriaces, les branches noueuses, et le tout d’une densité impénétrable. La visibilité est limitée, l’air stagnant et fétide. À aucun moment les êtres humains ne peuvent avoir le moindre doute sur la totale hostilité du terrain à leur égard, sa ruse et ses ressources, sa détermination à les détruire ou à les expulser. Chaque année, des douzaines de personnes périssent dans l’étreinte de ce feuillage dense, tuées par des tigres, des serpents, des crocodiles. Un homme d’affaires sophistiqué de Calcutta, une cétologue américaine d’origine indienne et un pêcheur illettré se croisent dans l’archipel des Sundarbans, le pays des marées.

Le Pays des marées
d’Amitav Ghosh – Éditions 10/18, 2008


Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites

Quelques jours avant son mariage, Julia reçoit un coup de fil du secrétaire particulier de son père. Comme elle l’avait pressenti, Anthony Walsh -homme d’affaires brillant, mais père distant- ne pourra pas assister à la cérémonie. Pour une fois, Julia reconnaît qu’il a une excuse irréprochable. Il est mort. Julia ne peut s’empêcher de voir là un dernier clin d’œil de son père, qui a toujours eu un don très particulier pour disparaître soudainement et faire basculer le cours de sa vie. Le lendemain de l’enterrement, Julia découvre que son père lui réserve une autre surprise. Sans doute le voyage extraordinaire de sa vie… et peut-être pour eux l’occasion de se dire, enfin, toutes les choses qu’ils ne sont pas dites. Marc Levy renoue ici avec l’univers romantique et fantastique qui l’a fait connaître.

Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites
de Mark Levy – Édition Robert laffont, 2008

  

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