Dans «Un toubib dans la ville»: Souad Jamai se glisse dans une peau masculine le temps d’une histoire

Dans «Un toubib dans la ville»: Souad Jamai se glisse dans une peau masculine le temps d’une histoire

A voir le nom de Souad Jamai sur le roman «Un toubib dans la ville», le lecteur est susceptible d’avoir l’impression que l’auteure va parler de sa personne.

Cependant, dans la lecture, dès la première page du livre, on découvre des adjectifs au masculin qui s’enchaînent par la suite pour que le lecteur comprenne que l’écrivaine se glisse dans une peau masculine. Le constat se confirme quand «Dr Ali» déferle dans la page 16 du roman. «J’ai opté pour la peau masculine parce que quand j’étais enfant, je voulais être un garçon étant donné que je croyais que le sexe masculin avait beaucoup plus de liberté et de chance. D’autant plus que j’étais un peu un garçon manqué», explique l’auteure Souad Jamai, également cardiologue à Rabat, en précisant s’être détachée du personnage du «Dr Ali» lors de l’écriture de son livre dont la couverture rappelle les blouses vertes et blanches des médecins. «J’ai même réalisé le dessin sur la couverture où j’ai mis deux profils. Le premier est celui d’un médecin qui est encore jeune et l’autre est plus âgé. Il s’agit de montrer que le personnage principal  penche d’abord vers ses patients et après il s’occupe de sa vie sentimentale», détaille l’auteure dont le dessin est garni d’un stéthoscope et de la moitié d’une porte pour rappeler une ville orientale.

Cette attention à l’égard des patients est bien exprimée dans le livre à travers des personnages fictifs ayant fréquenté le cabinet du Dr Jamai ou celui de ses collègues. Le tout avec un brin d’humour. «Je voulais pointer toutes les anomalies qui existent dans la société mais à travers des anecdotes pour les rendre drôles et les tourner en dérision», enchaîne l’écrivaine dont le roman met l’accent sur le tempérament de certains patients entre autres. Tel est le cas de l’époux qui accompagne sa femme pour consulter et qui répond à la place de celle-ci. «Monsieur, est-ce que votre femme peut répondre elle-même si vous le permettez ?», peut-on lire dans la page 30 du livre. «C’est souvent comme ça», précise l’auteure à ALM. «Ce sont des discordances dans notre pays à tous les niveaux», estime Souad Jamai qui indique avoir quasiment changé les anecdotes dans son livre.

La cardiologue pointe également du doigt certains comportements dans le corps médical. C’est le cas des délégués médicaux entre autres. «Quand on apprend un métier, on n’est pas obligé de réciter la même phrase à tous les médecins», indique Dr Jamai qui reconnaît que le métier de délégué médical est très difficile.

Ceci étant, l’auteure pointe non seulement des comportements mais aussi des apparences, de fausses croyances et des cas. «S’il y a une chose qui m’a énormément touchée, c’est l’histoire de la patiente Rahma qui a existé. Elle est morte dans les conditions que j’ai racontées», raconte Dr Jamai avec amertume en détaillant sa stimulation. «Je voulais parler des gens qui n’ont pas les moyens et dont on ne s’occupe pas autant que ceux qui en ont», estime l’auteure dont le livre s’achève sur un dénouement surprenant. «Je voulais laisser libre cours à l’imagination du lecteur et mettre le point sur la tentation», ajoute Souad Jamai, également élue communale à Rabat. «Ma seule ambition politique est de transmettre de façon ludique l’amour de la culture aux jeunes d’un lycée public. Je me suis incluse avec un groupe d’amis dans des clubs organisés par les profs pour faire une expérience pilote», conclut-elle.

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