Kamil Tazi: «Je ne me considère pas comme un auteur philanthrope mais un simple amoureux des mots»

Kamil Tazi: «Je ne me considère pas comme un auteur philanthrope mais un simple amoureux des mots»

ALM : Vous avez opté pour un thriller en tant que première expérience. Comment l’avez-vous vécue ?

Kamil Tazi : En réalité, ce n’est pas moi qui ai opté pour le thriller. C’est celui-ci qui s’est plutôt imposé à moi. D’abord, ce projet est l’aboutissement d’une idée que j’ai eue à 12 ans, qui a mûri dans le temps et que je m’étais promis de raconter tôt ou tard. Ensuite, j’ai toujours été à la fois intrigué, fasciné et terrifié par le meurtre presque parfait, le génie du mal. Et puis, l’écriture d’un thriller est aussi une thérapie de l’âme, un exutoire, voire une catharsis visant à s’échapper temporairement des conflits internes que nous avons tous.
 
Le début de votre roman donne l’impression que celui-ci relève de votre imagination, or le dénouement démontre qu’il s’agit de faits réels. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette trame ?

D’une part, j’ai toujours eu, ancré dans mon moi-profond «artistique», un inépuisable besoin de création qui nourrit mon imagination, catalysé dès mes 11 ans par certaines lectures, notamment Agatha Christie qui m’avait partiellement inspiré à l’époque. D’autre part, en tant qu’ingénieur, mais aussi en tant qu’ancien polémiste chroniqueur radio, amoureux du monde des idées et de l’actualité, il y a ce côté pragmatique qui m’a incité à inscrire cette fiction dans un contexte réaliste. C’est ainsi à travers la combinaison de ces deux aspects que j’ai cherché à narrer une histoire enchaînée dont la trame s’inspire du contexte marocain de 2003.
 
Pourquoi recourir, dans un thriller, à des personnages ayant commis des actes terroristes ?  

La problématique du terrorisme est plus que jamais d’actualité. Or, pour une fiction qui se veut ancrée dans un certain réalisme, il était difficilement envisageable de ne pas intégrer cette thématique, en particulier dans le contexte de 2003. De plus, on sait aujourd’hui qu’aucun pays n’est épargné, que la difficulté liée aux enjeux du terrorisme vient du fait qu’il prend des formes différentes, et que ses causes ne se limitent pas à l’analphabétisme ou aux frustrations de personnes désespérées issues des milieux défavorisés, mais à l’idéologie et à la démagogie de certaines personnes issue de la classe moyenne, devenues expertes dans l’embrigadement.

Comment un journaliste peut-il développer un esprit d’inspecteur ?
 
On retrouve souvent chez le journaliste une insatiable curiosité, un esprit critique, une forte vivacité d’esprit et de la rigueur. Or ces qualités sont indispensables dans le métier d’enquêteur. Il existe donc une prédisposition de certains journalistes à développer un esprit d’ «inspecteur», notamment ceux souhaitant rendre justice en démêlant des histoires enchaînées.

Quelle est la différence entre un auteur philanthrope qui communique sur son acte généreux et un autre qui ne le fait pas ?

Je ne me considère pas comme un auteur philanthrope mais un simple amoureux des mots qui souhaite, à travers cette démarche, inciter à lire utile. Après la France, j’espère en effet avoir humblement, à travers ce roman, apporté ma valeur ajoutée dans la sphère littéraire nationale.
 
Des projets à venir ?

Il y a d’abord le tome 2 qui est en cours d’écriture, et qui est la suite logique du premier, mais dans un style totalement différent. Il y a également mes autres projets, parallèlement à ma vie professionnelle d’entrepreneur : ces passions qui m’inspirent dans mon écriture, notamment mes podcasts Internet dans un genre plus décontracté, l’enseignement de danses, la musique, etc. Qu’y a-t-il en effet de plus beau que de vivre ses rêves de toujours ?

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