«La langue du secret» de Najwa M. Barakat: Un voile levé sur le non-dit

«La langue du secret» de Najwa M. Barakat: Un voile levé sur le non-dit

C’est donc sur une colline de la petite ville d’al-Yousr que tout prend corps. C’est là que s’élève une khanqâh, une zaouïa locale, avec tout ce que cela implique comme rites et héritages.

C’est là, sur cette butte que prospère une confrérie ésotérique avec un grand maître qui préside aux destinées du groupe.  Ses disciples sont tous animés par la même conviction: ils sont les gardiens d’un coffre contenant la Table du destin. Rien que cela. Immense conviction qui  a un terrible poids sur tout le monde. Les disciples et adeptes de la zaouïa sont sûrs que tous ceux qui s’en approcheraient seraient consumés par le feu. D’ailleurs, comme pour tous les objets de sacralité, il y a une malediction à la clef.

On le devine bien, ce qui devait arriver arriva. Le coffre disparaît. Et c’est aux mains d’un jeune homme, nommé Khaldoun, qu’on le retrouve. Celui-ci travaille chez un libraire versé dans la science des lettres. Affolés par la perte du coffre, les membres de la confrérie se lancent à sa recherche, remuant ciel et terre, si bien que les autorités se trouvent dans l’obligation de charger un policier d’enquêter sur cette ténébreuse affaire… Et c’est là que la mise en abyme est lancé avec de nombreuses suprises, des péripéties et des destins croisés.

Avec ce roman, Najwa M. Barakat, qui n’aime pas que l’on lui rappele qu’elle est la sœur d’une certaine Houda Barakat, signe une œuvre allégorique aux résonances métaphysiques. La Langue du secret c’est d’abord un livre de recherches littéraires, vite transformé en un polar haletant, où l’enquête policière prend très vite le dessus sur tout le reste. 

Il y a certes cet affrontement attendu entre le grand maître et le libraire, aussi savants l’un que l’autre, mais surtout cette bataille idéologiques de deux visions du monde, de deux approaches de la vie, du sacré et de la spiritualité. Najwa M Barakat dénonce ici avec maîtrise les ravages de la parole qui se donne comme pouvoir suprême parce qu’elle serait d’inspiration divine.

 Editions Actes Sud. 180 DH

 

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