La liberté dans son état embryonnaire par Sonia Terrab

La liberté dans son état embryonnaire par Sonia Terrab

Un roman dont la lecture laisse voir que sa conceptrice a fréquenté ledit Mouvement. Ce constat se confirme lors d’un échange avec l’auteur. «Lorsque les révolutions arabes avaient commencé, j’étais à Paris, là où il y avait des manifestations aussi.

Dans un premier temps j’étais devenue proche des jeunes du 20 février à Paris qui m’ont mis en contact avec ceux du Maroc», explique à ALM Sonia Terrab qui précise que le 20 février a quand même laissé des traces. «Moi, je vivais cela de Paris, en tant qu’observatrice et non en tant que militante», détaille l’écrivaine, qui a d’abord exercé en tant que journaliste avant de se diriger vers la production audiovisuelle. Sa formation académique en communication et sciences politiques abonde d’ailleurs dans le sens de ce choix.

Quant aux dessous du titre du roman, Sonia Terrab estime que la révolution et sa portée politique sont un prétexte. «Ce que je voulais montrer c’est que nous marocains, notamment les jeunes, ne nous révoltons pas assez individuellement pour le faire collectivement», explicite l’écrivaine qui a reflété cette abstention dans le personnage féminin «Meya». «Bien que le personnage féminin ait des idées plus libérales, «Meya» demeure malheureuse et prisonnière de certaines idées. Elle n’arrive pas à communiquer avec Ylias», enchaîne l’écrivaine qui a tramé une relation d’amour platonique entre les personnages principaux de son œuvre meublée, entre autres, d’une prostitution masquée.

«Moi-même j’hésitais entre un dénouement où Meya et Ylias consommeront leur amour», confie l’auteure qui qualifie son personnage masculin de «lâche», contrairement à Meya, puisqu’aucun rapport sexuel n’a eu lieu entre les héros du roman. Après quoi, Ylias décide de partir à l’étranger en choisissant d’envoyer un mail à Meya pour lui annoncer ce départ. Chose que l’auteure a troqué pour une missive portant la mention de l’affaire Ben Barka. «C’est une lettre que le père de Meya, fougueux et idéaliste, a adressé à la mère de celle-ci. Je l’ai écrite pour insinuer que Meya aurait aimé la recevoir d’Ylias», décortique Sonia Terrab dont l’œuvre, actuellement disponible en France et au Maroc, est coéditée par La Croisée des Chemins à Casablanca et Non Lieu à Paris.

La Croisée de Chemins. 85 DH  
 

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