février 21, 2017

Latifa Tayah raconte la vie des quartiers à forte population immigrée

Latifa Tayah raconte la vie des quartiers à forte population immigrée

Elle présente son premier roman au SIEL

Ce roman a pour ambition de lever le voile sur ces quartiers dits de seconde zone qui se heurtent non seulement aux préjugés des habitants de Compiègne mais aussi de leurs compatriotes marocains vivant au pays.

La jeune franco-marocaine Latifa Tayah-Gueneau vient de présenter son premier roman intitulé «Amour, caftan et escarpins», édité aux éditions Le Fennec, au Salon international du livre. Il s’agit d’une œuvre qui dépeint «Compiègne», un quartier en France où la majorité des habitants vient du Maroc.

A travers une multitude d’anecdotes et de portraits, le lecteur découvre la vie de ses habitants, leur façon de perpétuer les traditions, les us et coutumes de leur pays et la transmission de leurs patrimoine à leur enfants français ou binationaux. «C’est à travers le mariage de Dounia et ses nombreuses péripéties que je décris le mode de vie des habitants, la perpétuation des traditions auprès des nouvelles générations. J’en profite pour dresser quelques portraits. Le mariage mais aussi les nombreuses anecdotes essaimées ici et là sont l’occasion de traiter de façon plus légère le sujet de l’immigration souvent abordé de manière austère», explique Latifa Tayah. Il faut dire que «Amour, caftan et escarpins» est fortement inspiré de la réalité de la vie des quartiers à forte population immigrée.

«Nous les enfants de ce quartier avons été scolarisés dans un collège bourgeois du centre-ville d’une jolie bourgade picarde, Compiègne. Les élèves apercevaient notre cité, nichée au pied de la majestueuse forêt de Compiègne quand nous allions faire du sport car le stade se situait à deux pas. Pour eux, nous habitions des «cages à lapin». Quand je me suis installée au Maroc, j’ai pu constater qu’il y avait également de très nombreux clichés à l’encontre des immigrés, des Marocains de la classe ouvrière en exil et en particulier des secondes générations», raconte-t-elle. En somme, ce roman a pour ambition de lever le voile sur ces quartiers dits de seconde zone qui se heurtent non seulement aux préjugés des habitants de Compiègne mais aussi de leurs compatriotes marocains vivant au pays. «Le principal message se résume à une démarche très sobre: ouvrir les portes de nos appartements étriqués, y présenter notre quotidien et convier le lecteur à faire un bout de chemin avec nous, lui donner l’impression d’être là, présent au cœur de la fête, et à travers les portraits des uns et des autres de mieux comprendre la psychologie des personnages principaux. Je cherche à aborder tout cela sur un ton léger et avec, je l’espère, quelques pointes d’humour».

Née en Picardie de parents marocains, Latifa Tayah avait déjà écrit une nouvelle intitulée «L’habilleuse de mariées» présentant son quartier à travers l’histoire d’une Neguafa. Son installation depuis deux ans à Casablanca a renforcé son besoin d’écrire ce premier roman. «J’ai commencé par partager des chroniques casablancaises sur une page facebook. Quand des amis m’ont encouragée à aller plus loin, alors je n’ai pas hésité. Mon éditrice m’a beaucoup aidée à travers des conseils très simples mais qui ont suffi à me mettre le pied à l’étrier. Au final j’ai écrit assez vite cette première œuvre».

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