Livre : La sélection de la semaine

Livre : La sélection de la semaine

«Le revenant» de Yiğit Bener

L’exilé politique condamné à une longue absence ne retrouve pas sa terre natale sans ressentir une profonde douleur. L’indifférence de ceux qui l’ont jeté sur les chemins de l’étranger, le poids du temps qui efface et transforme, la difficulté de se réinsérer et la tristesse de ne plus retrouver les êtres aimés se conjuguent d’une insidieuse façon. Écrivain, enseignant universitaire, traducteur, interprète, Yiğit Bener interroge et analyse sous une forme romanesque ce que furent et demeurent encore pour lui, bien des années après, l’expérience et l’épreuve du retour dans le pays de sa vie, celui de ses combats, de ses engagements politiques et intellectuels. Critique acerbe de l’évolution contemporaine de la Turquie et des obsessions des années 1980, ce livre fait le bilan, aussi subjectif que nécessaire, de cette période de grands changements ; il convoque la désillusion de toute une génération tout en révélant, avec clairvoyance, l’extraordinaire multiplicité de cette nation amputée mille fois de sa mémoire, mais plus que jamais vibrant d’Histoire passée et à venir.

Editions actes Sud. 180 DH.
 

«Le faussaire, l’espionne et le faiseur de bombes» d’Alex Capus

Novembre 1924, gare de Zurich, trois jeunes gens se croisent sous la plume d’Alex Capus. La vie les attend, les voies à emprunter semblent innombrables. À chaque intersection, une décision s’impose pour engager leur destin et choisir leur camp. En biographe passionné et passionnant, Alex Capus raconte le cheminement de deux hommes et d’une femme ayant vécu intensément le XXe siècle.Émile Gilliéron, génial dessinateur, émigrera en Grèce où il immortalisera des oeuvres d’art de l’Antiquité. Laura d’Oriano, chanteuse de cabaret, risquera sa vie pendant la Seconde Guerre mondiale. Felix Bloch, grand physicien pacifiste, participera au programme américain de conception de la bombe atomique, mais ne se laissera pas enrôler.

Editions actes Sud. 180 DH.
 

«Mes clandestines» de Sylvie Gracia
 

Mathilde, Tamina, Camille Moravia, Clémence, tant de femmes aimées et complices ont jalonné la vie de la narratrice, se sont glissées en elle, comme autant de doubles – mes clandestines, dit-elle. Autant de façons de multiplier les expériences, autant de chances de se découvrir, de se dessiner en creux. À travers l’amour pour la mère, la bienveillance amusée envers une rivale, la fascination pour l’artiste exhib’ sur Facebook et l’admiration pour Annie Ernaux, se révèle l’œil aigu de l’écrivain qui dissèque les cœurs, dévoile les corps et sonde les âmes. Cherche-t-elle à se trouver ou au contraire à se dissimuler en se fondant dans ses semblables, celle qui ne parle pas d’elle et n’a pas de nom, mais écrit ?
 

Editions actes Sud. 180 DH.

 

 

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