Mohamed Ouissaden : «Dans «La photo d’Abraham» j’essaye de me mettre dans la peau d’une femme»

Mohamed Ouissaden : «Dans «La photo d’Abraham» j’essaye  de me mettre dans la peau d’une femme»

Entretien avec Mohamed Ouissaden, écrivain

ALM : Vous êtes en pleine préparation de votre roman «La photo d’Abraham» dont la sortie est prévue très prochainement. Quelle en est l’histoire ?

Mohamed Ouissaden : Les choses ont atteint un stade avancé. Le BAT est déjà remis à l’éditeur. Les premières cérémonies de signatures auront lieu à Paris les 16, 17 et 18 mars prochain au Salon du livre de Paris. Si je me permets de souffler un mot sur «La photo d’Abraham», je dirais deux choses : dans ce roman j’essaye d’un côté de me mettre dans la peau d’une femme, et d’un autre côté je porte un autre regard sur le vivre-ensemble entre juifs et musulmans. Pour moi rien n’est paradoxal.

Pourquoi le choix de ce titre?

Le titre est ainsi choisi parce que toute l’histoire tourne autour de «La photo d’Abraham». Avant de commencer à écrire ce roman, je me suis dit que j’allais écrire une histoire où tout dépendrait d’une photo. Le choix du titre m’a toujours tourmenté, mais cette fois-ci cela m’est venu du premier coup, et personne ne l’a contesté, ni mes lecteurs d’avant la publication ni mon éditeur.

Vous avez choisi de publier ce nouveau roman chez une maison d’édition française. Pourquoi n’avez-vous pas opté pour un éditeur national ?

«La photo d’Abraham» est mon cinquième roman écrit en français. Lui-même sera publié chez un éditeur national car les droits pour le Maroc ne sont pas réservés. Le Salon du livre de Paris 2017, où le Maroc était l’invité d’honneur, constituait une occasion pour quelques éditeurs français de chercher les jeunes auteurs dont l’écriture pourrait répondre à leur ligne éditoriale. C’était le cas d’une jeune éditrice que la chance voulut qu’elle tombe sur un de mes textes.

Votre dernier roman «L’Ours», sera l’un présenté au Salon international de l’édition et du livre à Casablanca en février prochain. Pourriez-vous nous en parler ?

L’Ours est de mes romans celui qui m’a pris du temps (deux ans) sans m’en rendre compte pourtant. Car c’était par plaisir que je l’ai réalisé. L’idée de l’écrire m’est venue comme un éclair. Un jour, j’ai accroché un grand miroir à un mur de ma maison. Juste après, l’espace a pris une autre dimension dans ma conception. Bien que j’aie été sciences maths, la nouvelle forme de mon logis m’a trop influencé. J’avais droit à un double espace, à de doubles actions, voire multiples. Et j’ai pensé à transférer cet effet du miroir sur mon prochain roman. «L’Ours» est donc ce roman qui met en harmonie une vie réelle et une vie invisible de façon à ce qu’elles se complètent entre elles. Indescriptible est le plaisir que j’ai senti en créant des passerelles entre les deux vies. Que vous dirais-je de plus sincère que cela ?

Quel regard portez-vous sur le secteur de l’édition et du livre au Maroc ?

Si le secteur de l’édition et du livre souffre, la faute n’est pas en particulier celle des éditeurs. Il faut d’abord poser la question : Où est le lecteur ? Ou, avant tout : où est l’écrivain ? Cette dernière question s’entend sur la nécessité de la démocratisation de l’édition au Maroc. Je connais de véritables auteurs qui n’ont pas encore eu la chance de recevoir une lettre favorable d’une maison d’édition nationale alors que leurs écrits ne sont pas moins beaux que les miens. C’est le moins que je puisse dire à ce propos.

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