Moussem d’Asilah : Amadou Lamine Sall s’adjuge le Prix Tchicaya U Tam’si

Moussem d’Asilah : Amadou Lamine Sall s’adjuge le Prix Tchicaya U Tam’si

Le Sénégalais se distingue par ses poèmes en vers libres et avec très peu de ponctuation

Présidé par le musicien et ancien ministre de la culture du Cap-Vert Mário Lúcio Sousa, le jury, composé d’écrivains, poètes, artistes et académiciens marocains et étrangers, a remis, dimanche 1er juillet, à Asilah, le Prix Tchicaya U Tam’si au Sénégalais Amadou Lamine Sall. L’un des rares poètes africains à avoir été traduits en plusieurs langues, l’heureux lauréat de la onzième édition de ce prix se distingue par ses poèmes en vers libres avec très peu de ponctuation. «Amadou Lamine Sall est l’un des poètes majeurs de l’Afrique francophone contemporaine. Léopold Sédar Senghor disait de lui qu’il était le poète le plus doué de sa génération», selon les initiateurs de ce prix de poésie africaine créé en 1989 à l’initiative de Mohamed Benaïssa, alors ministre de la culture.

Amadou Lamine Sall s’est dit très heureux et honoré de remporter cette distinction qu’il considérait comme un prix Nobel africain de littérature et portant le nom du célèbre écrivain et poète congolais Tchicaya U Tam’si. En tant qu’hommes de lettres et d’art, «nous recevons toujours des récompenses dans des capitales d’autres continents : Paris, Londres, Tokyo… je trouve que c’est un beau geste de la part de la Fondation du forum d’Asilah de penser à créer ce prix pour récompenser des poètes africains dans la belle ville d’Asilah», a affirmé Amadou Lamine Sall, faisant remarquer qu’il est temps que «l’Afrique récompense ses artistes et écrivains au sein de leurs familles et dans leur continent».

Né en 1951 à Kaolack, Amadou Lamine Sall est le fondateur de la maison africaine de la poésie internationale et préside aux destinées de la Biennale internationale de la poésie à Dakar. Il a reçu plusieurs distinctions au Sénégal et à l’étranger, dont le prestigieux prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises décerné en 1991 par l’Académie française, et ce pour l’ensemble de ses œuvres. Le Sénégalais est l’auteur de nombreuses anthologies de poésie qui ont été traduites en plusieurs langues. Il a écrit plusieurs poèmes sur Arthur Rimbaud, un des grands classiques de la poésie française du 18ème siècle, alors qu’il était en 2008 en résidence à la Maison Rimbaud à Charleville-Mézières, considérée comme capitale mondiale pour les poètes.

Créé en 1989, tout juste après la mort Tchicaya U Tam’si, ce prix est décerné tous les deux ans en hommage au défunt écrivain et poète congolais. Présent à ses funérailles nationales, Mohamed Benaïssa a annoncé à cette occasion la création de ce prix, qui «honorera la mémoire de son ami et grand habitué du Moussem culturel d’Asilah», selon la Fondation du forum d’Asilah, organisatrice de ce 40ème Moussem. Outre le Prix Tchicaya U Tam’si, celle-ci a décidé de donner le nom de l’écrivain et poète congolais à un petit jardin, situé au pied des remparts, où le défunt aimait venir admirer le coucher du soleil. «Le jardin porte son nom et un monument garde dans la pierre la trace de l’un de ses poèmes», a-t-on précisé.

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