Prix Grand Atlas : La littérature marocaine à l’honneur

Prix Grand Atlas : La littérature marocaine à l’honneur

Après quelques semaines de la rentrée littéraire, Il semble bien qu’une nouvelle vague de littérature marocaine commence à séduire le lectorat. En témoigne la 23 édition du prix Grand Atlas, organisée à Rabat par l’Institut français au Maroc jeudi dernier.

Cette édition a été marquée par le bon cru des livres et la qualité des histoires racontées par les auteur(e)s marocain(e)s en lice pour la compétition. 

Un premier roman réussi aux dires du jury de cette 23ème édition, sous les acclamations du public, Reda Sadiki, jusque-là méconnu du grand public, a reçu le prix du premier roman «Le cahier de Zahir» aux éditions Le Fennec. Le  poète Mohamed Grou a reçu, quant à lui, le prix de la «Traduction» pour son ouvrage «Enfance juive en Méditerranée musulmane» de Leila Sebbar aux éditions La Croisée des Chemins, un livre qui raconte l’histoire des souvenirs d’enfance dans les pays de la Méditerranée musulmane. Enfin le Prix de «Littérature  Jeunesse» a été décerné à Nezha Lakhal Chevé et Anne Buguet, pour leur livre «Razina la sage sultane» aux éditions Afrique Orient. Razina la sage sultane narre l’histoire d’un prince qui va vivre une périlleuse aventure pour conquérir le cœur de la belle Razina. Présidé par Catherine Clément, le jury de cette vingt-troisième édition du Prix Grand Atlas a été composé de Mustapha Bencheikh, professeur de littérature française et comparée, Jalal El Hakmaoui, poète et traducteur, Stéphanie Gaou, libraire, Olivier Mongin, écrivain et essayiste et Farid Zahi, directeur de l’Institut universitaire de la recherche scientifique à Rabat.

Un premier roman acclamé

Dans la catégorie «Fiction francophone», Reda Sadiki, lauréat du prix du premier roman, souligne à ALM :  «Je suis très content d’avoir eu ce prix, surtout que je ne m’y attendais pas. Je pense que tous les autres nominés le méritaient tout autant que moi. Il fallait faire un choix, les membres  du  jury m’ont choisi. Ils auraient pu choisir les autres, on le méritait tous finalement». Et d’ajouter : «Mon expérience littéraire n’est pas grande parce que c’est mon premier roman. Je suis médecin à la base, je suis chirurgien urologue. Le cahier de Zahid est mon premier roman, ça m’a pris un peu de temps pour l’écrire. C’est l’histoire d’un jeune homme qui nourrit le désir d’immigrer en Italie. Ce n’est pas un livre sur l’immigration mais sur la vie avant l’immigration, les causes qui poussent les gens à immigrer, la violence dans nos sociétés qui fait que les gens veulent immigrer». L’histoire de ce premier roman raconte l’espoir du jeune Zahir qui place tous les espoirs de recommencer une nouvelle vie en Italie. Zahir confie son quotidien peu glorieux à son journal intime, au langage cru  impertinent et  drôle, le jeune homme y dit ses déceptions et ses désillusions.

Le public captivé

La présidente du jury, Catherine Clément, philosophe, romancière, auteure de romans à succès, notamment «Le voyage de théo» ou encore «Un voyage à la cour de Suliman le magnifique», s’est exprimée en marge de la cérémonie : «Mon sentiment c’est que c’est formidable d’avoir trouvé un roman aussi parfait, et que ça soit un premier roman qui fait plaisir à tout le monde, ça veut dire que la littérature marocaine est vive et renouvelée». S’agissant des histoires racontées, la romancière souligne que «les histoires sont bien, il y avait des choses très classiques». L’auteure de «Lévi Strauss ou la structure et le malheur», ajoute que «le choix s’est fait par le vote, on a voté chacun pour un livre et le premier roman a eu la majorité des voix dans un procédé très démocratique». Quant à son prochain roman, la romancière a confié à ALM qu’il s’agit d’un essai qui risque de faire frémir plus d’un.

La cérémonie a été marquée par un prélude d’une partie de l’œuvre de Claude Levi Strauss sur des faits historiques. Ainsi, Catherine Clément a  partagé avec l’auditoire des histoires au regard interposé, entre autres par les musulmans et  les juifs, où chacun a sa propre version des faits.  Des histoires qui traversent le temps et l’espace. Le public a été transporté également par les pratiques extrêmes observées chez les différents peuples.

Leïla Ouchagour

Journaliste stagiaire

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *