Salima Louafa façonne l’argile à sa manière

Salima Louafa façonne l’argile  à sa manière

Il est évident que l’être humain est fait de terre argileuse. Cependant, la jeune auteure marocaine, Salima Louafa, a recours à cette matière qu’elle façonne à sa manière dans son nouveau et premier roman intitulé «Chairs d’argile».

Une publication qui crée un effet surprenant chez le lecteur qui tente d’établir des rapports entre l’intitulé et le contenu du livre, édité chez Afrique-Orient, dès les premières pages. Un suspense qui commence à travers le personnage d’Alice, une femme versatile et souffrante à la fois. Chose qui exprime la capacité de l’écrivaine à manipuler les personnages à sa fantaisie. «J’ai toujours aimé les romans qui tiennent en haleine. Des histoires que l’on a du mal à quitter, auxquelles on repense tout au long de la journée. J’ai donc tout naturellement voulu reproduire cette sensation durant l’écriture de Chairs d’argile», explique Salima Louafa.

En adoptant cette démarche, l’auteure conçoit, selon ses dires, un roman dynamique, extrêmement rythmé et dans lequel le suspense est omniprésent. Elle veut ainsi permettre au lecteur de «mieux cerner les personnages et décrypter l’intrigue». Celle-ci étant reflétée par le titre du roman qui met également en scène le personnage de Quentin qui tombe sous le charme de Maria, médecin gynécologue qu’Alice consulte. «La personne qui travaille l’argile est toute puissante. C’est bien évidemment une image, une allégorie qui renvoie à l’humain, à des chairs sans défense livrées à la cruauté, la vénalité et au pouvoir incommensurable de l’argent», précise l’écrivaine à propos de l’intitulé. Une expression qui déferle dans la page 93 du livre lorsque Salima Louafa parle de Kenza, sœur adoptive de Maria, également épouse de Mounir qui œuvre dans un réseau qui exploite les enfants. «La notion d’argile renvoie à la pratique de la chirurgie qu’elle soit esthétique ou criminelle destinée à déposséder les plus faibles de leurs organes à des fins mercantiles», détaille l’auteure.

Pour achever son roman, Salima Louafa choisit un dénouement tragique et heureux à la fois. «La vie prend à certains pour donner à d’autres selon une logique qui n’appartient qu’à elle-même. Une vie qui défile et dans laquelle nous ne jouons malheureusement que le rôle d’un spectateur ou d’un acteur sans cesse démuni», explicite l’écrivaine.    

Pour rappel, Salima Louafa a étudié le commerce international à Bordeaux avant d’entamer une carrière en ressources humaines. Parallèlement à ce cursus, elle a une passion. «Mon cœur a toujours vagabondé entre l’écriture et l’entreprise», révèle l’auteure installée à Manille. «Aujourd’hui, j’envisage de retourner en entreprise et de relever le défi de travailler aux Philippines et en anglais», indique Salima Louafa. Pour l’heure, elle prévoit de continuer à travailler sur son deuxième roman qui est en très bonne voie. «Cette deuxième moitié de l’année 2017 s’annonce donc très chargée !», conclut l’auteure qui n’est autre que la fille de l’ex-ministre, Mohamed Louafa.

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