Une femme dans l’histoire

Une femme dans l’histoire

C’est une grande figure de la science et de la médecine. Une femme à part, atypique, dont le parcours reste l’un des plus importants du XXème siècle. Marie Curie est aussi une femme insaisissable dont plusieurs pans de la vie nous échappent encore. Revenir sur des instants méconnus de son engagement durant la Première Guerre mondiale apporte un nouvel éclairage sur le caractère et le tempérament d’une femme hors du commun.

Nous sommes en août 1914, Marie Curie est désormais une femme seule. Autant ses grandes découvertes que ses deux prix Nobel sont loin derrière elle. Après la mort de son époux Pierre, il y a de cela  depuis huit ans, Marie Curie traverse des moments durs. Mais elle trouve dans la guerre un moyen de se rendre utile, de redonner un sens à sa vie. En effet, au plus près des blessés, durant quatre années, elle va vivre une nouvelle expérience humaine faite d’abnégation et d’engagement. C’est à ce moment précis de l’histoire que Marie Curie va aller de l’avant, faisant fi des dangers  et en défiant les autorités, le matériel et les techniques des rayons X. C’est grâce à cette technique qu’il sera possible  de localiser et d’extraire des éclats d’obus. Marie Curie doit redoubler d’ingéniosité pour arriver à ses fins. Elle doit tricher, ignorer les règles, monter au front pour ainsi dire dont l’unique but d’imposer ses visions et ses idées, encore une fois avant-gardistes.

Elle ira même jusqu’à emmener sa fille Irène, âgée alors de dix-sept ans, sur les routes en guerre, pour la laisser, seule, dans des hôpitaux de l’avant. C’est de cette façon que Marie Curie a fait sa guerre. Et le résultat est éloquent. Pas moins de vingt voitures radiologiques sur le front, plus de deux cents postes fixes dans les hôpitaux, cent quatre-vingts manipulatrices radio formées dans son école. Il faut ici rappeler pour l’histoire que plus d’un million de soldats ont eu la chance d’être secourus par ses installations. Sans oublier qu’au moins mille d’entre eux de ses propres mains. C’est dire toute l’énergie que cette femme mettait à l’ouvrage pour venir en aide aux soldats. D’ailleurs Marie Curie révèle dans un texte inédit ce que ces faits de guerre lui ont apporté : «une grande douceur». Pour les besoins de ce document très riche, des archives ont été consultées par Marie-Noëlle Himbert. Certaines sont issues des documents personnels de la famille du Pr Claudius Regaud, qui étaient jusqu’ici inconnues.  

Editions Actes Sud. 220 DH

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