Livres : Ça ne mange pas de pain

Livres : Ça ne mange pas de pain

Le secteur de l’édition n’a pas connu de véritables changements durant cette année 2004. Les éditeurs sont unanimes à déclarer qu’il n’y a pas eu de surprises dans ce secteur. Un secteur qui a longtemps souffert et qui continue toujours de souffrir.
Depuis plusieurs années déjà, les éditeurs et les spécialistes dans le domaine de l’écrit au Maroc déclaraient que rien ne va dans le secteur de l’édition. Cela résulte du fait que les Marocains ne lisent pas. Il suffit de se rendre dans les librairies pour le constater avec amertume. Interrogée à ce sujet, une gérante de bibliothèque casablancaise a déclaré : «Si on réfléchissait en terme de rentabilité, on aurait fermé boutique depuis longtemps déjà, car une chose est claire : le marché du livre ne rapporte pas au Maroc». C’est un constat triste, mais cela correspond à la réalité. Une réalité accompagnée d’un ensemble de facteurs qui expliquent clairement pourquoi le peuple marocain ne lit pas. Tout d’abord, une grande tranche de la population est analphabète, ce qui n’encourage bien évidemment pas la lecture au Maroc. Outre cela, ceux qui ont un niveau d’études assez important, ne possèdent pas systématiquement un poste de travail qui leur permet de consacrer un petit budget chaque mois par exemple pour l’achat de livres.
Certains passants interrogés dans la rue sont allés même jusqu’à déclarer «nous avons du mal à boucler nos fins de mois, comment voulez-vous qu’on s’achète des livres ?». Mais certains professionnels du domaine de l’édition affirment de leur part que ce n’est pas question d’argent et qu’il s’agit plus de l’absence d’une éducation livresque «le prétexte d’argent n’est pas très crédible puisque l’on trouve sur le marché des livres à prix très abordables, mais malgré cela, les gens n’affluent pas pour autant pour acheter des bouquins».
En effet, certaines librairies qui vendent des livres à prix très accessibles n’enregistrent pour autant un taux de vente important. C’est le cas d’une librairie qui se situe à Rabat et qui a pris la place d’un ancien cinéma, les gens y affluent par centaines, cependant la plupart des fois, ils n’achètent presque pas grand chose. C’est une façon de s’informer tout simplement où peut-être de se balader. Ainsi, il semblerait comme le déclarent certains professionnels la lecture n’entre pas dans la culture des Marocains. Tout est question d’habitude. Si la lecture faisait partie de l’éducation des enfants, on n’en serait peut-être pas là. Comme le déclare Leila Chaouni, la lecture s’initie au berceau et ensuite à travers l’école. La lecture devrait s’inscrire dans les habitudes quotidiennes de chaque personne. Si l’on s’initie à la lecture depuis la plus tendre enfance, cela devient très difficile de s’en détacher. «Il faudrait que chacun puisse aimer le livre», déclare une gérante de librairie. Une fois que cette relation d’amitié est instaurée entre le lecteur et le livre, le problème est résolu.
Les Marocains ne lisent pas mais, certains produisent des livres, et reçoivent des prix littéraires. Si l’on pense en terme de best-sellers marocains, les romans comme «Le fond de la Jarre» de Adelatif Lâabi, Morceaux de choix de Mohamed Nedali, ainsi que les fumées de la gloire de Mohamed Kenbib ont eu beaucoup de succès. C’est ce que nous affirme Amina Mansouri, directrice de la librairie «Portes d’Anfa» à Casablanca.
Pour cette dernière, il existe quand même une lueur d’espoir concernant le secteur du livre au Maroc. Pour cette professionnelle du livre il suffirait de médiatiser pour vendre.

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