«Lkala» : une nouvelle dépendance à hauts risques pour la santé des jeunes

«Lkala» : une nouvelle dépendance à hauts risques pour la santé des jeunes

Aux collèges, lycées ou même au sein des facultés, cette pratique est très répandue, la dépendance aussi. Les jeunes s’y adonnent avec une discrétion totale, on ne soupçonne rien et c’est là même que réside l’une des raisons de cette pratique. «Lkala» constitue une des nouvelles dépendances de la jeunesse marocaine. Pour ceux qui ne la connaissent pas, il s’agit d’un mélange de tabac et de cendre qu’on chique à longueur de journée. Pourquoi une telle pratique ? Quelle sensation donne-t-elle et quels risques pour ces jeunes dépendants ? Le constat est alarmant. Certes, les conséquences sont très néfastes pour la santé mais cette pratique a gagné du terrain dans le rang des jeunes dans les établissements scolaires et même universitaires. «La pratique de la «Lkala» est une chose très répandue au milieu des jeunes. Il s’agit d’un mélange de tabac, de cendres et de l’eau.On fabrique à partir de ces ingrédients une pâte qu’on glisse entre la lèvre inférieure et la gencive. On chique le contenu à longueur de journée tout en changeant la pâte quand elle perd le goût», nous explique Kalid, un jeune lycéen. Les raisons des dépendants sont diverses. «L’effet est assuré, c’est comme la cigarette mais c’est encore mieux. D’abord c’est discret et cela nous permet de disposer de notre dose de nicotine sans que personne ne nous soupçonne. En classe, en route ou même à la maison, personne ne viendra chercher ce qu’on a dans la bouche car personne ne soupçonne qu’on chique du tabac», souligne-t-il. Effet stimulant assuré, discrétion totale, «Lkala» présente pour les jeunes une solution adéquate à leur besoin d’échapper au contrôle parental. Mais à quel prix ? «Ma première expérience était au lycée, je commençais à fumer en cachette mais on sentait toujours l’odeur et j’avais peur de me faire prendre par mes parents. Il fallait prendre toutes les précautions pour y échapper : mettre un parfum, se rincer la bouche. C’est l’un de mes amis qui m’avait initié à cette pratique et c’est devenu une dépendance avec le temps. J’avoue que je ne suis pas très fier de ma dépendance et j’aimerai avoir la force d’arrêter mais ma dose me manque à chaque fois», nous explique ce jeune étudiant. Autres pratiques, autres modes de consommation moins répandus. Les jeunes placent le contenu sur une bande en tissu et la serrent comme un pansement sur trois endroits précis : le haut du bras, sur l’orteil ou sur l’index. Cependant, les effets néfastes de cette pratique ne tardent pas à faire leurs apparitions. Et ce qui constituait une solution devient par la suite une accoutumance. «Je suis conscient de la gravité de ce que je fais mais je ne m’en suis rendu compte qu’un peu tard. Les effets indésirables sont nombreux. On crache tout le temps. La mauvaise haleine est toujours là et on a beau se brosser les dents, mais elles restent tachées sans oublier l’inflammation de la gencive à la place où l’on met souvent le tabac », explique ce jeune étudiant. «La substitution de la «kalla» à la cigarette revêt le même danger pour la santé. Elle entraîne une dépendance et constitue un grand danger pour la santé. Les premiers effets ne tardent pas à apparaître au niveau local où le tabac est placé et où il est en contact avec la muqueuse de la bouche. On note aussi la carie dentaire, des problèmes d’inflammation de la gencive la gingivite. «On relève également la diminution du goût, de l’odorat», explique le docteur Mohamed Tadli. «C’est un leurre que de croire que le fait de chiquer le tabac est moins dangereux. Cette pratique peut causer des cancers de la bouche. La leucoplasie buccale qui apparaît sous forme de tache blanchâtre et qui se situe sur les lèvres, la face interne de la bouche et la langue, la gencive peut devenir cancéreuse par la suite. L’absorption de la nicotine dans le sang se fait aussi quand on chique le tabac. Les risques de cancers ou des crises cardiaques augmentent», souligne docteur Tadli. «Lkala» est loin de constituer une solution de rechange sécuritaire pouvant remplacer la cigarette. Les dangers de cette pratique pour la santé sont énormes. Cependant, plusieurs dispositifs de sensibilisation doivent être pris au niveau des établissements scolaires et au sein de la société. La plupart des accoutumés ne se rendent compte de la gravité de leur pratique qu’avec l’apparition des premiers effets néfastes et l’installation de l’addiction. Mais dans l’absence de sondage, de sensibilisation concernant cette pratique, «Lkala» gagne du terrain.

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