L’orientalisme photographique de Majida Khattari

L’orientalisme photographique de Majida Khattari

«Orientalismes» est le thème de l’exposition de l’artiste-plasticienne Majida Khattari à la galerie d’art l’Atelier 21. Dans cette exposition, elle revisite, recrée les clichés qui dominent la peinture orientaliste. En reconstituant des décors inspirés des célèbres compositions orientalistes, Majida Khattari «contemporanise» ses personnages en les dotant d’un statut incertain qui tient à la fois du fantasme et de la réalité photographique, lit-on dans le communiqué de l’exposition. Selon la critique d’art Pascale Le Thorel, Majida Khattari, qui raconte en quelque sorte, en arrêt sur images, ses histoires, des histoires d’aujourd’hui, ne fait pas de peinture. « Je me suis tout de suite posée la question de l’accessibilité de mon travail par les gens de ma culture. Ce qui m’a logiquement menée à abandonner la peinture, au profit de la photographie et surtout des défilés-perfomances», explique l’artiste. Ainsi, d’après la critique, Majida Khattari crée, avec ses détournements orientalistes, des tableaux photographiques. Les «scènes de genre» de Majida Khattari, ses scènes d’intérieur ou d’extérieur, de la vie quotidienne, ses portraits reprennent des canons historiques de la peinture : composition, thèmes, modèles, motifs décoratifs. Née en 1966 à Erfoud, Majida Khattari a fait ses études à l’École des beaux-arts de Casablanca puis aux Beaux-arts à Paris. Depuis 1996, Majida Khattari crée des défilés-performances inspirés de la situation des femmes dans les sociétés arabes. Elle met en scène des modèles qui portent des vêtements-sculptures qu’elle a préalablement conçus et fait réaliser. Elle scénarise ses performances et fait appel au chant, à la musique et à la danse. Les vêtements-sculptures (tels Espace limite, Robe serpent, Robe boulets, Tchador de la République, Robe puissance ou Robe pétition) traitent du statut de la femme mais se réfèrent également à l’actualité politique contemporaine, aux questions de laïcité et de religion. En parallèle, Majida Khattari réalise des photographies, des installations, des vidéos et des films. «Difficile de savoir si Majida Khattari orientalise ou désorientalise l’Orient dans ses tableaux photographiques : on y retrouve la liberté et la sensualité qu’avaient fait découvrir à l’Occident les peintres orientalistes, mais les codes et expressions visuelles de la représentation y sont imperceptiblement déplacés et détournés, dans un foisonnement et une saturation poussés au maximum», souligne-t-on dans un document de l’Atelier 21. Et d’ajouter : «En artiste indisciplinée, elle reprend et bouscule les codes orientalistes et redonne son inquiétante étrangeté à une excentricité qui était devenue presque familière». Les œuvres de Majida Khattari ont intégré de prestigieuses collections, dont celles du Musée National d’Art contemporain du Centre Pompidou à Paris. Elle vit et travaille à Paris.

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