Lorsque la médina d’Assilah s’orne de fresques murales

Lorsque la médina d’Assilah s’orne de fresques murales

Une ambiance festive et dynamique règne depuis une semaine dans l’ancienne médina d’Assilah. La plupart de ses quartiers sont transformés, pendant cette période, en des ateliers d’art plastique. Certains artistes-peintres, perchés sur des échelles, effectuent les dernières retouches sur leurs peintures murales. Alors que d’autres contemplent avec fierté leurs fresques qu’ils viennent de terminer. Ayant tous une expérience dans la peinture murale, ils se disent contents d’avoir contribué à faire de l’ancienne médina un musée d’art plastique. «La réalisation des fresques murales s’inscrit dans le cadre des activités du célèbre Moussem culturel international d’Assilah dont l’inauguration aura lieu samedi prochain», selon les organisateurs du 32ème du Moussem culturel international d’Assilah. Par ailleurs, cette initiative de peintures murales est née avec le lancement du 1er Moussem d’Assilah, il y a plus de trente- deux ans. Et à l’instar des années précédentes, les nouvelles fresques murales sont réalisées par des artistes-peintres marocains et étrangers. Beaucoup d’entre-eux participent pour la première fois à cet événement. Mais ils sont tous motivés par un seul désir : laisser leur empreinte dans la cité blanche. Comme c’est le cas de l’artiste-peintre Khalid Nadif qui participe pour la première fois à cette belle initiative. Il vient de réaliser une peinture murale qui reflète son caractère figuratif original, entièrement dédié à la représentation du corps féminin. Très amoureux d’Assilah, ce jeune artiste-peintre casablancais est venu trois fois à Assilah pour passer ses vacances d’été. «Je tenais à y venir pendant le Moussem d’Assilah. Cela me permettait de rencontrer des artistes-peintres du monde entier. Et ma participation au 32ème Moussem m’aide à me rapprocher beaucoup plus du public. Nous pouvons grâce à cette initiative faire des jeunes des amateurs d’arts plastiques, voire des artistes-peintres», confie Khalid Nadif. Et de faire remarquer que «cette initiative me permet aussi de garder à travers ma fresque mon empreinte et mon propre style dans cette belle ville que j’aime beaucoup». Les festivaliers ne peuvent ainsi être indifférents à la beauté des fresques murales qui embellissent les quartiers de l’ancienne médina. Et les artistes-peintres se disent ravis de discuter du thème de leur œuvre et de partager leur passion avec les visiteurs et les habitants de la ville. D’aucuns se disent saisir cette opportunité «pour sensibiliser le public sur les différentes thématiques qui nous préoccupent», dit-on. Militant associatif et l’un des fondateurs d’une association espagnole opérant au profit des enfants handicapés physiques et mentaux, Joaquim Pina, plus connu par Akim, effectue les dernières retouches sur sa peinture murale, située à proximité de l’œuvre de Khalid Nadif. Cet artiste-peintre espagnol a choisi comme d’habitude un thème de société pour son œuvre. «Je travaille depuis quatre jours sur ma peinture murale. J’exprime par cette œuvre mon souhait de voir tous les enfants à travers le monde vivre bien leur enfance : avoir droit à une bonne éducation et une scolarité de qualité. C’est pourquoi j’ai voulu par ma fresque décrire la gaieté des enfants de différents pays jouant dans un champ», révèle Akim. D’aucuns artistes-peintres étrangers ont essayé de montrer à travers leurs œuvres la culture et les traditions de leur pays. Et comme à son habitude, le jeune artiste-peintre émirati, Abdul Rahman Al Maaini, a utilisé des couleurs éclatantes et des formes de portes des anciennes maisons aux Émirats Arabes Unis. «Cela montre mon attachement à mon pays. Ma peinture murale reflète mon admiration à la ville d’Assilah. L’odeur et le bruit de la mer qui envahit chaque coin de la médina m’ont donné l’idée de rajouter la forme des vagues à mon œuvre», dit-il, avant d’ajouter que «j’ai essayé de réaliser une fresque digne de la beauté d’Assilah, qui est connue grâce à son Moussem par la cité des arts». Selon les habitants de l’ancienne médina, cette initiative de peintures murales, qui a pu développer en eux leur goût d’art plastique, les encourage à garder leurs quartiers propres pendant toute l’année. «Nous avons pu grâce à cette initiative faire la connaissance des artistes-peintres de différentes nationalités. Ils sont gentils et sympathisent vite avec les habitants. Ils cherchent souvent à avoir notre avis sur leurs peintures», affirme cette femme au foyer, qui habite à quelques pas du monument historique Krikia. Ayant suivi les ateliers de peinture pour enfants ou côtoyé les célèbres artistes-peintres pendant leur participation au Moussem de la ville, les jeunes artistes zaïlachis dont la majorité sont nés dans l’ancienne médina y vivent toujours. Parmi ceux-ci, le jeune Anouar Abd Taoufik qui tient chaque année à réaliser une belle fresque sur la façade d’une maison dans la rue de Sidi Mbarek. «J’ai passé toute mon enfance à contempler les fresques murales signées par des artistes peintres de différentes nationalités et cultures. J’essayais de satisfaire ma curiosité en les côtoyant pendant leur séjour à Assilah. J’ai par la suite pu développer seul mes connaissances en art plastique», dit-il, avant de faire remarquer qu’en «plus de mes toiles faites au cours de l’année, je réalise en été et pendant le Moussem une fresque sur la façade de la maison d’un ami et voisin. Mon œuvre reflète mon style et qui comporte des instruments musicaux, des édifices qui distinguent la médina d’Assilah…». Les visiteurs de la ville blanche sont ainsi invités à faire un beau voyage à travers l’ancienne médina. Ils seront certainement fascinés par la beauté et la propreté de ses rues ainsi que par la grandeur et la diversité de ses fresques murales qui y trônent. Et la fête ne fait que commencer !

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